dimanche 18 juin 2017

L'« Anarchie doctrinale » comme le montrent
les positions conflictuelles des Évêques sur Amoris Laetitia


L’« anarchie doctrinale » en tant que position conflictuelle des Évêques sur Amoris Laetitia montrent que les Évêques Polonais et Belges sont devenus les derniers à émettre des déclarations sur la Communion pour les divorcés/remariés civilement et les deux se contredisent l’un l'autre.


Par : Edward Pentin
Le 17 juin 2017

SOURCE : National Catholic Register




Depuis la publication l'année dernière de l'Exhortation apostolique du Pape François sur la Famille, Amoris Laetitia, une « anarchie doctrinale » qui a été crainte et prédite aux synodes de la famille devient évidente.

Les Évêques de Belgique sont devenus les derniers à lire l'Exhortation comme donnant — sous certaines conditions mais en mettant l'accent sur la primauté de la conscience — l'accès aux Sacrements pour certains divorcés/ remariés civilement sans nullité.

Ils suivent les Conférences Épiscopales de Malte, des Philippines et de l'Allemagne, ainsi que des Évêques de d'autres pays qui ont publié des lignes directrices et des déclarations similaires comme interprétation du Chapitre 8 controversé d'Amoris Laetitia.

En revanche, la Conférence des Évêques de Pologne, la semaine dernière, est devenue la première conférence nationale à déclarer qu’Amoris Laetitia n'a pas changé la Doctrine de l'Église sur la Sainte Communion pour les divorcés/remariés civilement et qu'ils continuent à ne pas avoir accès aux Sacrements puisque l'Église les considère vivre dans un état objectif d'adultère.

Dans une déclaration après leur réunion plénière annuelle, les Évêques ont déclaré que l'Exhortation doit être lue dans la continuité avec l'enseignement de l'Église, en particulier en ce qui concerne l'Exhortation apostolique post-synodale de 1981 du Pape Saint Jean Paul II, Familiaris Consortio. Ce document indiquait que l'Église ne devait pas permettre aux divorcés/remariés de recevoir la Sainte Communion à moins de vivre comme « frère et sœur ».

L'année dernière, le Président de la Conférence des Évêques Polonais, l'Archevêque Stanislaw Gadecki, a déclaré que de donner la Sainte Communion ne pouvait pas être autorisé suite à une période de discernement pastoral.

La position des Évêques Polonais est évoquée par celle du Cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui a toujours soutenu qu’Amoris Laetitia ne devrait être interprété que conformément à l'enseignement de l'Église et que ce document n'a pas changé la discipline de l'Église.

Interrogée cette semaine par le site National Catholic Register sur ses préoccupations au sujet de la question, le Cardinal Müller a de nouveau redoublé dans ses convictions qu’il faut adhérer à ce que l'Église a toujours enseigné et pratiqué.

« Nous devrions aider les personnes qui se trouvent dans une situation de difficultés conjugales » a déclaré le Cardinal, « mais pas seulement avec des réflexions pragmatiques selon l'esprit du monde, mais selon le Saint-Esprit, avec les moyens des Sacrements et les conditions internes et canoniques pour la réception de la Sainte Communion, ce qui implique l'aveu du péché grave ».

Une chance d'éclaircir

Un problème clé est que la position du Pape sur cette question a été ambiguë. Bien que l'année dernière, il a appuyé une directive des Évêques Argentins préconisant le soutien de la Sainte Communion à certains divorcés/remariés et, il y a quelques mois, a écrit une lettre remerciant les Évêques Maltais pour leurs lignes directrices sur l'interprétation du document, il n'a pas encore déclaré un position officielle en dépit d'être officiellement invité à le faire par quatre Cardinaux.

Les Cardinaux Carlo Caffarra, Walter Brandmüller, Raymond Burke et Joachim Meisner lui ont envoyé une liste de dubia en septembre dernier, cinq doutes sur Amoris Laetitia visant à résoudre la confusion sur cette question et d'autres questions sur la continuité de l'enseignement de l'Église.

Le Pape a demandé au Cardinal Müller de ne pas répondre, mais a déclaré dans une interview que certains, « en vue d’avoir certaines réponses à Amoris Laetitia, persistent à ne voir qu’en blanc ou en noir alors qu'il faut plutôt discerner dans le flux de la vie ». Il a ajouté que ces « critiques — si elles ne proviennent pas d'un esprit maléfique — aident. Certains types de rigorisme découlent du désir de cacher sa propre insatisfaction sous une armure ».

Parlant l'année dernière lors d'une présentation, l'Archevêque Bruno Forte, secrétaire spécial des synodes de la famille, a partagé les commentaires que le Pape a faits lors du synode qui donne une indication de son approche.

« Si nous parlons explicitement de la Communion pour les divorcés/remariés, vous ne savez pas quel terrible désordre nous allons faire » a déclaré l'Archevêque Forte rapportant les paroles du Pape, et le Pape ajouta : « Donc, nous ne parlerons pas clairement, faites-le de telle sorte que les prémisses soient là, puis je vais tirer les conclusions ».

La situation actuelle cause un malaise généralisé, une frustration et une colère. Le journaliste Catholique Allemand Peter Winnemöller, écrivant sur le site Autrichien Kathnet, a déclaré qu'il avait du mal à croire que cette « situation absurde » soit ce que le Pape François veut dire lorsqu'il veut parler de la décentralisation de l'Église.

Les « précieuses suggestions » faites au synode pour renforcer le Sacrement du Mariage et de la Famille sont « malheureusement complètement compromises » par ce chapitre et son « interprétation problématique » a-t-il ajouté.

Cela est exacerbé par le Pape « en ne prenant pas de décision astreignante suivie de son annonce » a-t-il déclaré.