jeudi 15 juin 2017

L'effondrement s'accélère :
La Sainte Communion pour les adultères publics en Sicile



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 15 juin 2017

Les Évêques de Buenos Aires, les Évêques de Malte, et maintenant les Évêques de Sicile ont rejoint les rangs croissants de l'épiscopat qui ont initié une fracture catastrophique de la discipline Eucharistique bimillénaire de l'Église en autorisant l'accueil à la Sainte Communion des gens divorcés et « remariés » qui vivent dans ce que même le catéchisme de Jean-Paul II appelle « une situation d'adultère publique et permanente ».

La seule autorité pour approuver ce sacrilège de masse, bien sûr, n'est rien d'autre que Amoris Laetitia (AL), la tentative étonnante du Pape Bergoglio d'appliquer l'éthique de la situation à un précepte négatif exceptionnellement universel et contraignant de la loi naturelle, divinement proclamé dans le Sixième Commandement .

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Les Évêques Siciliens, comme ils le doivent, ont dû recourir aux sophismes, c'est-à-dire à des mensonges déguisés et à des déceptions pour donner au Pape Bergoglio ce qu'il désire ardemment. Dans leurs « lignes directrices » pour le déclenchement du sacrilège de masse (traduction fournie par Rorate Caeli), les Évêques Siciliens observent que « la première nouveauté d'AL, en particulier dans le chapitre 8, est son angle de vue sur les situations concrètes, selon le dicton d’Evangelii Gaudium qui considère la « réalité plus importante que l’idée ( voir EG 31 #230 ) ».

Pures foutaises. Il ne peut y avoir de « nouveauté » dans la théologie morale au sens de permettre soudainement ce que l'Église a toujours condamné comme intrinsèquement impossible : à savoir, participer au Saint-Sacrement alors que l'on entretient une relation sexuelle avec quelqu'un avec qui on n'est pas marié.

L'expression « réalité plus importante que l’idée » n'est qu'un déguisement pour le mensonge que les préceptes moraux posés par Dieu ne sont que des idées que la « réalité » rend souvent « impossible » à obéir, même avec l'aide de la grâce divine. Cette notion signifierait la destruction de tout l'édifice moral de l'Église en réduisant la loi naturelle écrite dans le cœur de l'homme pour guider sa conduite à de simples « idées » inférieures aux « réalités ».

L'expression « situations concrètes » n'est rien d'autre que l'éthique de la situation déguisée : que l'on suive la loi naturelle dépend de sa « situation concrète ». Comme la « situation » de chacun est « concrète », sous AL, tous ceux qui vivent dans un « second mariage » adultère pourraient invoquer une excuse pour ne pas adhérer au Sixième Commandement.

Les Évêques de Sicile continuent avec leur absurdité morale — le non-sens moral qui est AL — en déclarant plus ouvertement leur adoption de la « nouveauté » de l'éthique de la situation Bergoglienne, en citant le Pape Bergoglio comme seule autorité :

« Une autre nouveauté est la conséquence d'un autre principe décrit dans Evangelii Gaudium (EG 222) :« Puisque « le temps est supérieur à l'espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles ». (AL 3). Par conséquent, nous ne pouvons pas nous attendre à des règles uniques pour chaque situation, mais nous avons besoin d'un discernement au fil du temps entre différentes situations, ce qui n'exclut pas a priori ou par décret la possibilité de la Communion ecclésiale pour certains, en tenant compte de différents niveaux de complémentarité : entre le discernement personnel et la pastorale (voir AL 122), entre le for interne et le for externe (voir EG 44), entre la participation ecclésiale et l'accès aux Sacrements (voir AL 299). À cet égard, ce n'est pas une petite affaire que le Pape François déclare dans l'EG 47 : « L'Eucharistie, bien qu'elle soit la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les plus faibles ». Pas de hasard que ce texte soit cité à la note de bas de page 351 dans AL 305 ».

Ces bêtises moralement subversives résultent du mensonge selon lequel le Sixième Commandement s'applique différemment aux différentes personnes en fonction de leurs « situations différentes » qui n'est rien d’autre que l’éthique de la situation, une invention du diable.

Ici, les Évêques Siciliens citent le slogan démagogique du Pape Bergoglio selon lequel « L'Eucharistie ... n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les plus faibles ». En d'autres termes, les pécheurs mortels objectifs devraient recevoir la Sainte Communion comme « nourriture » pendant qu'ils continuent à commettre le même péché mortel. Par cette logique, tous les pécheurs mortels habituels devraient être admis à la Sainte Communion, ce qui est exactement le contraire de ce que l'Église a toujours enseigné : à savoir que personne conscient d’être en état de péché grave ne peut s’approcher du Saint-Sacrement.

En outre, comme le « processus de discernement » bidon est censé informer les adultères publics que leurs « deuxièmes mariages » constituent un péché mortel objectif, selon les Paroles du Christ Lui-Même, les personnes vivant dans de telles unions adultères ne peuvent manquer de prendre conscience du péché. Sauf qu’on leur dit maintenant que leurs unions adultères ne sont pas adultères en raison de leurs « situations concrètes », ce qui est exactement ce qui se passe.

Les Évêques Siciliens cachent leur subversion pure de l'ordre moral avec plus de blabla sans importance : « Les formulations d'AL ouvrent prudemment une possibilité d'accès aux Sacrements, qui se situent uniquement à la place du discernement fondé sur le dialogue : ce n'est pas une norme canonique, mais le résultat potentiel d'un parcours, fruit du discernement et d'une maturité personnelle et pastorale (voir AL 298) ».

S'il vous plaît ! Les phrases « ouvrent prudemment une possibilité », « qui se situent uniquement à la place du discernement fondé sur le dialogue », « pas une norme canonique » et « discernement et d’une maturité personnelle et pastorale » sont simplement de la poudre aux yeux afin d’autoriser le sacrilège de masse. La prétention que cela ne sera autorisé que dans les cas de « maturité personnelle et pastorale » est risible : une conscience Catholique mature reconnaîtra l'adultère pour ce qu'elle est et cessera d'offenser Dieu si le pécheur est vraiment repentant.

Alors, qu'en est-il de la véritable repentance? Ne citant que les « nouveautés » du Pape Bergoglio comme autorité, les Évêques Siciliens déclarent :

« Dans chaque situation, — le Pape se souvient-il — face à ceux qui ont des difficultés à vivre pleinement la loi divine, doit résonner l'invitation à suivre la via caritatis ». (AL 306). Cet accueil de l'invitation est nécessaire même si l'on ne peut pas exiger du pénitent repentant plus qu'il ne peut donner. Les exigences pour accéder aux Sacrements sont la repentance et l'engagement à poursuivre un nouveau chemin, humain et spirituel, dans la situation objective actuelle dans laquelle la personne se trouve, et non la perfection abstraite. En fait, il y a des circonstances dans lesquelles chaque norme est ramenée à sa propre fin, qui est le salut des âmes, le bien des personnes ».

Traduction : un adultère public peut continuer son adultère tout en recevant la Sainte Communion si le fait de cesser son adultère est « plus qu'il ne peut donner ». Ainsi, les Évêques Siciliens, en faisant exactement ce que François souhaite qu’ils fassent, autorisent maintenant la Sainte Communion pour les adultères impénitents qui, par le biais d’un « processus de discernement » absurde, se sont persuadés — avec l'aide des Évêques Siciliens ! — que Dieu ne s'attend pas à ce qu'ils cessent leur adultère parce que ce serait « plus qu'ils peuvent donner ». Selon ce calcul moral, le péché mortel n'est tout simplement plus un obstacle à la Sainte Communion si l'on détermine selon son propre jugement privé qu’on est incapable d'arrêter de commettre le péché. De concert avec la vraie repentance, l'aide de la grâce de Dieu est entièrement oblitérée.

Les Évêques Siciliens concluent leurs sophismes avec une autre tromperie : « Pour éviter de reléguer ces personnes [les divorcés/ remariés »] à une sorte de« limbe de facto » — d'une part, ils ne sont pas excommuniés, d'autre part, ils ne sont pas en pleine Communion avec l'Église — il faut considérer que leur condition est temporaire, pas du point de vue spirituel, parce qu'ils sont susceptibles de changer, de se transformer et de se purifier ».

Les divorcés et « remariés » n'ont pas été « relégués » par l'Église à leur situation d'exclusion des Sacrements. Mais ils se sont plutôt relégués eux-mêmes par leur propre décision volontaire libre de prendre des « partenaires » auxquels ils ne sont pas mariés et de s'engager dans des relations sexuelles avec eux. Ils peuvent accomplir la « pleine Communion » simplement en faisant ce que l'Église a toujours exigé en matière de droit naturel et divin : se repentir de ce comportement pécheur et cesser leurs relations sexuelles en dehors du mariage.

Mais ce que l'Église a toujours exigé dans la fidélité aux instructions de Notre Seigneur Lui-Même, selon les Évêques Siciliens, n'est plus nécessaire. Pourquoi ? Parce que le Pape Bergoglio a prétendu dispenser de l'exigence — quelque chose que pas même un Pape n’a le pouvoir de faire, car cela contredirait l'enseignement constant de l'Église affirmé par Jean-Paul II et Benoît XVI.

L'Église Catholique n'est pas un culte gouverné par un gourou, qui émet les dernières instructions à suivre par les membres du culte. Elle est l'Arche du Salut dont l'intégrité dépend précisément de la constance de son enseignement, un reflet du Dieu qui ne change pas d'avis. Ainsi, AL ne peut pas lier l'Église à ses « nouveautés », ni le Pape Bergoglio lui-même n'ose proclamer qu'il le fait. Au contraire, il fait un clin d'œil et fait un hochement de la tête à ceux qui suivent ses sages suggestions pour saper l'ordre moral.

Jamais l'Église n'a été témoin d'un tel spectacle. Les signes sont nombreux que la résolution dramatique de cette débâcle ne peut pas tarder à venir.