vendredi 16 juin 2017

Pourquoi les Évêques devraient condamner
le pont dangereux du Père James Martin




Rédigé par : Brian Williams

SOURCE : One Peter Five
Le 14 juin 2017

La crise dans l'Église d'aujourd'hui s'accélère à un rythme surprenant, même par les normes post-conciliaires. Nulle part, cela n'est plus évident que le changement actuel dans la façon dont l'Église Catholique traite l'homosexualité. L'élection du Pape François il y a quatre ans, les synodes suivants sur la famille et plusieurs nominations stratégiques dans la hiérarchie ont conduit à un moment charnière dans l'histoire des 2 000 ans de l'Église.

Plus tard ce mois-ci, Harper Collins publiera le dernier livre du Jésuite, le Père James Martin, rédacteur en chef du magazine America. Le Père Martin est également bien connu pour sa grande présence dans les médias sociaux (plus de 100 000 adeptes sur Twitter et plus d'un demi-million sur Facebook), ainsi que ses apparitions passées sur le Colbert Report dans l’émisssion Comedy Central ainsi que ses travaux consultatifs sur le film récent de Martin Scorsese « Silence ». Il a récemment été choisi par le Pape François pour rejoindre le dicastère du Secrétariat des Communications à Rome en tant que consultant sur les moyens d'évangéliser le monde à l'ère numérique.

C'est là que réside le problème et ce problème est connu de tous dans l'Église, mais malheureusement trop souvent excusé ou rejeté : le Père James Martin est devenu un activiste vocal pour les « Catholiques LGBT », allant même jusqu'à recevoir des récompenses de la part de groupes dissidents comme le New Ways Ministry (qui soutiennent ouvertement le mariage homosexuel et demandent à l'Église d'évoluer sur cette question).

Le Père Martin utilise également fréquemment les médias sociaux avec des articles et des citations à l'appui de l'activisme LGBT et des points de discussion, uniquement pour recevoir les éloges de ses adeptes. Lorsque la doctrine est déformée par ces mêmes adeptes ou qu’ils endossent ouvertement que les actes homosexuels sont sains et normaux, il ne les corrige pas. Qu’il sème ainsi la confusion est évident après seulement quelques minutes d'examen de ses pages dans les médias sociaux.

À bien des égards, cependant, le Père James Martin est une représentation parfaite de l'Église contemporaine. Il est une figure emblématique post-conciliaire. Il est l'incarnation de la nouvelle Église de François, où l'accompagnement, la rencontre et le dialogue (« construire des ponts ») ont une place de choix sur des mots obsolètes comme le péché, la repentance, la conversion, la grâce, le jugement, le Ciel ou l'Enfer.

Il suffit de regarder les endossements donnés à son livre «Building a Bridge » [ Construire un pont ] qui sera publié prochainement pour réaliser où nous en sommes aujourd'hui. Nous vivons une des grandes crises de l'histoire de l'Église.

Pas un, mais deux Cardinaux récemment promus ont approuvé le livre du Père Martin. Le Cardinal Kevin Farrell que le Pape François a nommé préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, écrit :

« Un livre bienvenu et très nécessaire qui aidera les Évêques, les prêtres, les associés pastoraux et tous les chefs d'Église à pourvoir avec plus de compassion aux besoins de la communauté LGBT. Cela aidera également les LGBT Catholiques à se sentir plus à l'aise dans ce qui est, après tout, leur Église ».

Le Cardinal Joseph Tobin de Newark, New Jersey dit :

« Dans de nombreuses parties de notre Église, les gens LGBT ont été incités à se sentir indésirables, exclus et même honteux. Le nouveau livre courageux, prophétique et inspirant du Père Martin marque une étape essentielle pour inviter les dirigeants de l'Église à faire preuve de plus de compassion et à rappeler aux Catholiques LGBT qu'ils font autant partie de notre Église que tout autre Catholique ».

L'Évêque très problématique et progressiste Robert McElroy de San Diego, nommé par le Pape François, écrit :

« L'Évangile exige que les Catholiques LGBT soient sincèrement aimés et appréciés dans la vie de l'Église. Ils ne le sont pas. [Le Père Martin] nous fournit le langage, la perspective et le sens de l'urgence pour remplacer une culture de l'aliénation par une culture de l'inclusion miséricordieuse ».

Et puis, parmi les endossements de ces prélats, nous trouvons Soeur Jeannine Gramick du New Ways Ministry mentionné précédemment :

« Le Père Martin montre comment le Rosaire et le drapeau arc-en-ciel peuvent se rencontrer paisiblement. Une lecture incontournable ».

Alors pourquoi le New Ways Ministry invite-t-il le Père Martin à s’adresser à la cérémonie de remise des prix intitulée « Bridge Building », et pourquoi Soeur Jeannine Gramick a-t-elle été demandée d’endosser son nouveau livre ? Après tout, ni l’un ni l’autre ne cherchent de l'accompagnement, mais plutôt l'acceptation — pas d'eux-mêmes mais de leur mode de vie.

Et c'est pourquoi nous, les laïcs, avons besoin de nos Évêques et prêtres — ceux qui tiennent encore à la vérité de l'Évangile et à la Doctrine Catholique — pour condamner ce pont du Père Martin et celui d’un nombre croissant d'Évêques et de Cardinaux. Le pont en construction n'est pas conçu pour le repentir, la conversion et la sainteté. Ce n'est pas un pont construit pour diriger les âmes vers le ciel. En fait, tout le langage de ce mouvement actuel est totalement dépourvu de surnaturel. C'est un langage thérapeutique uniquement axé sur une fin temporelle : l'acceptation. C'est la capitulation de la gauche culturelle plutôt que la proclamation de la vérité Évangélique.

Cet accompagnement et cette rencontre proposés, ce pont en construction, n'est pas destiné à faire sortir les âmes du péché et les amener à une vie de grâce, mais plutôt à la conversion de l'Église. On s’attend à ce que l'Église évolue sur ce sujet. Peu dans le mouvement se soucie de savoir si la Doctrine peut ou va changer (elle ne le peut pas) ; l'évolution pastorale accomplit son travail pour eux. Du moins pour l'instant.

En comparaison, regardez l'apostolat international Courage qui cherche à aider les personnes qui luttent contre l'attraction de même sexe. De leur site, on lit :

Les personnes ayant des désirs homosexuels ont toujours été avec nous ; cependant, jusqu'à ces derniers temps, il n’y a peu ou pas eu de sensibilisation formelle de l'Église en matière de groupes de soutien ou d'information pour ces personnes. La plupart ont été laissés à travailler leur propre voie par eux-mêmes. En conséquence, ils se sont retrouvés à écouter et à accepter la perspective de la société laïque et à opter pour agir selon les désirs du même sexe.

En conclusion de leur mission, Courage énonce :

Aider les individus à mieux comprendre et apprécier les enseignements de l'Église, surtout dans le domaine de la chasteté, Courage prolonge l'invitation de l'Église à une vie de paix et de grâce. Dans la vie chaste, on trouve la paix et la grâce de grandir dans la maturité Chrétienne.

Mais voici pourquoi un apostolat comme Courage ne recevra aucune approbation publique des Cardinaux et des Évêques cités ci-dessus, ou du Père James Martin : il commence par la compréhension clairement définie selon laquelle l'acte homosexuel, tout comme le sexe pré-conjugal, l'adultère ou tout autre péché de chair, doit être maîtrisé. Leur accompagnement ne se fait pas au prix de semer la confusion ou d'une approbation tacite d'un mode de vie homosexuelle continue.

Ce que Courage possède que le nouveau mouvement erroné n'a pas, c’est une composante profondément spirituelle. C'est leur pont conçu pour ramener les homosexuels actifs dans une vie de grâce :

  1. Vivre des vies chastes conformément à l'enseignement de l'Église Catholique Romaine sur l'homosexualité. (Chasteté)

  2. Donner toute notre vie au Christ par le service aux autres, la lecture spirituelle, la prière, la méditation, la direction spirituelle individuelle, la fréquentation fréquente de la Messe et l'accueil fréquent des Sacrements de la Réconciliation et de la Sainte Eucharistie. (Prière et consécration)

  3. Favoriser un esprit de fraternité dans lequel nous pouvons partager les uns les autres nos pensées et nos expériences, et s’assurer ainsi que personne ne devra affronter seul les problèmes de l'homosexualité. (Camaraderie)

  4. Être conscients de la vérité que les amitiés chastes ne sont pas seulement possibles, mais nécessaires dans une chaste vie Chrétienne ; et s'encourager mutuellement dans la formation et le maintien de ces amitiés. (Soutien)

  5. Vivre des vies qui peuvent servir de bons exemples à d'autres. (Bon exemple / modèle de rôle)

L'autre raison pour laquelle ce nouveau pont en construction est dangereux et doit être condamné, c'est qu'il fait partie du mouvement continu cherchant à interrompre le langage même trouvé dans le Catéchisme de l'Église Catholique lié à l'attraction du même sexe. Ceci, malheureusement, est cohérent avec le message donné par Rome ces jours-ci. Mais néanmoins, le Catéchisme nous instruit ainsi :

«L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " . Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ».(CCC 2357)

La genèse du livre du livre du Père James Martin était un essai dans America Magazine, intitulé Simply Loving, [ simplement aimer] et son discours lors de l'événement du New Ways Ministry en octobre 2016. Tous deux pris ensemble nous fournissent la stratégie employée pour mettre en évidence et confondre l'enseignement de l'Église sur la sexualité humaine. Nous pouvons généralement décomposer cette structure de pont défectueux en trois composants :

L'absence de conversion : contrairement à l'apostolat Courage, nulle part dans cette stratégie n'est discuté ni la repentance ni la conversion. Au lieu de cela, l'accent est mis sur les objectifs linguistiques excessivement féminisés et thérapeutiques de « respect, compassion et délicatesse ». Martin note que cela vient directement du paragraphe 2358 du Catéchisme. Toutefois, lorsque ce paragraphe est séparé du précédent paragraphe décrit ci-dessus, le contexte et l'équilibre sont complètement perdus. Intentionnellement. L'accompagnement authentique Catholique exige que nous incluions le langage du péché, de la grâce, de la miséricorde et du jugement. Si cela manque, on donne simplement à nos frères et sœurs en difficulté une fausse compassion, voire pire, une confirmation de leur erreur.

Le langage séculier des LGBT de gauche : Le Père Martin déclare que les gens ont le droit de se nommer eux-mêmes. Il a déclaré à son auditoire lors de la cérémonie New Ways Ministry :

« Les noms sont importants. Ainsi, les dirigeants d'Église sont invités à être attentifs à la façon dont ils nomment la communauté L.G.B.T. et doivent abandonner les phrases comme « affligées d'attraction pour le même sexe » que personne qui est L.G.B.T. que je connais utilise et même l’expression « personne homosexuelle » qui semble trop clinique pour beaucoup ... Je dis que les gens ont le droit de se nommer eux-mêmes. L'utilisation de ces noms fait partie du respect ».

Dans l'environnement actuel où l'autodéfinition a engendré la fluidité du genre et le transgendérisme, les paroles du Père Martin sont étrangement semblables à ceux de la gauche sexuelle. En outre, la désignation réelle de « LGBT » pour un groupe de personnes était une construction terminologique de 1990 par la gauche laïque. Il s'agit d'une identification avec un ensemble de croyances et un ordre du jour basé sur l'approbation et la promotion de l'homosexualité comme comportement normal. Et cela nous amène au troisième et dernier objectif stratégique ...

La dépersonnalisation du Catholique attiré par le même sexe : ce que l'apostolat Courage fait si bien, et ce que la religion Catholique a toujours enseigné, c'est de reconnaître la dignité de l'individu. Le Père Martin et les Évêques qui l'accompagnent réclament également cela. Le problème, cependant, est que l'étiquette LGBT et les mouvements qu'ils ont décidé d'embrasser font tout le contraire. L'individu prend un siège arrière dans le groupe et dans le comportement. Les Catholiques attirés par le même sexe sont définis par leur sexualité et par des politiques d'identité.

Il est intéressant de noter que le Père Martin l'a reconnu lui-même lors de son discours au New Ways Ministry même si l'ironie de cette déclaration semble avoir été perdue par lui :

« En cela, comme en tout, Jésus est notre modèle. Quand Jésus a rencontré des gens en marge, il n'a pas vu une catégorie mais une personne ».

Ce n'est pas le modèle qu'il suit cependant.

Ce qu'il faut faire en ce moment, c'est que les Évêques fidèles, les prêtres et les laïcs s'opposent ouvertement à cette fausse miséricorde proposée par un pont défectueux.

Les Évêques sont l'ordinaire local pour leur diocèse. Ils peuvent nier à tout prêtre ou Évêque de parler dans leurs paroisses et dans des conférences autorisées. C'est ce que plusieurs ont fait avec l'Évêque auxiliaire à la retraite Thomas Gumbleton de Detroit, qui a fréquenté certains de ces mêmes événements du New Ways Ministry dans le passé.

Le Père James Martin fera sans aucun doute une forte promotion de ce nouveau livre dans les prochaines semaines. Il sera très probablement invité à parler dans certaines paroisses ou à la radio Catholique locale. Nos Évêques et prêtres, ainsi que ceux des laïcs disposant d'une plate-forme pour communiquer le message, doivent aider à prévenir toute confusion.

Personne n'est plus menacé par ce pont dangereux que les frères et sœurs avec une attraction au même sexe. Voyons plus de nos prêtres et de nos prélats les diriger vers un apostolat comme Courage, et loin de ceux qui chercheraient à les « accompagner » directement en bas de la falaise.