mardi 11 juillet 2017

Du bien bon monde



NOTE : ce texte s’appuie sur des informations tirées des livres de Marie d’Agreda ( La Cité Mystique ) et des livres de Maria Valtorta (L’Évangile tel qu’il m’a été révélé ). Cependant, une grande part d’imagination est accolée à ces informations.


Deux soirs de suite, je ne sais pourquoi, j’imagine Marie balayer le plancher de sa cuisine dans sa petite maison de Nazareth avant de m’endormir. Et je me dis à toutes les fois : « N’est-ce pas étonnant ? La seule femme au monde qui n’a pas péché… La Toute Pure… L’Immaculée… Et elle passe le balai !!! »


Avant cette pensée des deux derniers soirs, je l’imaginais souvent à la petite source d’eau vive qui coulait au fond de sa cour. Il faut savoir que Marie a quitté le domicile familial de façon définitive à l’âge de trois ans ; sa maman Anne avait presque perdu espoir d’avoir un enfant à cause de son âge avancé. À l’occasion de la Fêtes des Huttes ( ou Tentes), tous les Galiléens allaient faire du camping sur une montagne attenante au Temple de Jérusalem. C’est là qu’Anne a promis à l’Éternel de Lui consacrer son enfant s’Il lui en donnait un.

C’est pourquoi Anne et Joachim allèrent reconduire Marie au couvent des jeunes filles qui faisait partie du complexe du Temple de Jérusalem à l’âge de trois ans… sans plus jamais revoir leur petite Marie de leur vie… Faut le faire, non ? Anne tenait sa parole donnée, pas de faux fuyant…

Mais revenons à la petite source d’eau vive maintenant et sautons par-dessus tous les épisodes qui se sont passés au couvent dont de l’intimidation de la part de ses petites collègues ( elles étaient vraiment méchantes ), dont l’élection de Joseph comme futur époux de Marie, ce qui a causé de l’angoisse à Marie : elle avait fait vœu de virginité mais les autorités en avaient décider autrement pour elle : elle devait se marier. Et Marie a toujours respecté l’autorité.

Elle retourna donc au domicile familial à l’âge de 14 ans. Les autorités avaient amputé le terrain ancestral de moitié en son absence ; Marie n’avait plus la petite source d’eau vive de sa jeunesse où elle allait souvent se recueillir. Mais le fiancé Joseph, prévenant et d’au moins 10 ans plus âgé que Marie, avait prévu le coup : habile de ses mains, il a reconstruit une petite source d’eau vive au fond de la cour rétrécie.

C’est à cette nouvelle source que j’imagine Marie. Joseph a probablement cru bon de construire un petit toit pour protéger l’endroit du soleil et de la pluie. Je vois Marie debout devant sa source demeurant silencieuse à regarder l’eau couler. Et que pense-t-elle, me disais-je ? La seule réponse qui me venait à l’esprit, c’était qu’Elle remerciait Dieu de nous avoir donné de l’eau pour notre survivance et Lui demandait d’en procurer à ceux qui n’en ont pas…

Et puis, mes rêvasseries se prolongeaient parfois. Je l’imaginais avec son petit seau d’eau sortir de la source et aller arroser son jardin de légumes et de plantes considérées comme les plus exotiques par tout le voisinage d’ailleurs. Elle avait le pouce vert. Et là encore, Elle remerciait Dieu de nous avoir donné des légumes pour notre survivance, des fleurs et des plantes pour ravir nos yeux et Lui demandait d’en procurer à ceux qui n’en ont pas…

Une fois, j’ai imaginé Marie sarcler son petit jardin. Jésus sortait justement de son petit atelier. Il avait terminé son boulot pour la journée. Il cria à Marie : « Maman, laisse-moi le faire. C’est fatiguant pour toi cela ».

Jésus prit donc la relève du sarclage, Marie alla s’asseoir sur un petit banc de bois accoté contre le mur de la maison pour se reposer. Une fois le sarclage terminé, Jésus rejoignit Marie sur le banc. C’était la pause et les conversations d’une maman avec son fils. Ensuite, les deux se levaient, disaient une sorte de Notre Père et allaient soit à leur seul repas de la journée, ou s’il était tard, au dodo.

Il faut savoir qu’habituellement Marie et Jésus ne consommaient qu’un seul repas par jour. Mais il y a eu une exception : c’était quand Joseph a été malade et même en fin de vie. Pour le stimuler à manger, Marie et Jésus l’accompagnaient dans ses repas.

Plus jeunes, en Égypte, où ils ont demeuré environ une dizaine d’années ( je ne suis plus certain de la durée exacte ), un des deux auteurs cités en début d’article nous raconte qu’une fois Joseph, de retour en fin d’après-midi de son travail de charpentier pour les Égyptiens, tenait une babiole qu’il remuait dans sa main pour exciter le jeune Jésus de 3-4 ans assis en train de jouer dans le sable devant leur petite maison. Joseph semblait pratiquement plus heureux d’apporter un nouveau jouet à Jésus que Jésus lui-même… si c’était possible.

On rapporte qu’à ces mêmes âges, Jésus jouait justement dans le sable devant la maison avec des blocs de bois ; il s’imaginait que c’était des bateaux ! Est-ce trop d’imaginer de ma part que de penser que Marie tendait son regard par la fenêtre en silence pour admirer, contempler et même adorer son fils ?

« Adorer son fils de 3-4 ans », étonnant n’est-ce pas ? Disons que le fait d’avoir accouché d’un enfant sans aucune intervention masculine sur prescription d’un ange qui est apparu et qui a dit que ce serait le Sauveur, ça facilite l’adoration, non ? D’autant plus que Marie d’Agreda nous rapporte que Jésus s’est transfiguré dans la mangeoire pour que Joseph soit rassuré, réconforté et remercié d’avoir eu la Foi de croire à tous les événements précédant la naissance de Jésus.

Un coup de poignard

Il n’y a pas eu que des belles choses qui sont arrivées à ce « bien bon monde ». Comme tous nous autres, ils ont eu leur part ( et une très grande part ) de vicissitudes.

Avez-vous déjà pensé qu’ils ont vécu ce que les migrants vivent aujourd’hui ? Après 450 kilomètres dans le désert avec une petite voiturette et un âne ( achetés avec l’or des Mages ), ils arrivent à Héliopolis (près du Caire) en Égypte. Recherche de logement, recherche d’emploi pour Joseph, apprentissage de la langue du pays…

Jésus avait environ dix ans. Joseph lui avait construit une petite installation de bois avec des plates-formes à différents étages comme on voit dans les cours d’enfants d’aujourd’hui.

Ce jour-là, Jésus jouait avec ses amis du voisinage sur cette installation. Ils s’étaient tous déguisés avec des capes en roi, valets et soldats. Jésus était sur la plate-forme la plus élevée habillé en roi. Il retire son bâton qu’il tenait à sa ceinture et qui faisait office d’épée. Plus il déclare haut et fort en tant que roi dans leur jeu : « Je suis prêt à mourir pour mes sujets ».

Marie avait entendu. Elle sortit rapidement sur le balcon et dit à Jésus qu’Elle ne voulait plus qu’il joue à ce jeu-là et qu’il ne prononce plus jamais ces paroles.

Il faut dire que Marie possédait une compréhension parfaite de la Tora, Elle qui avait vécu 11 ans au couvent des jeunes filles du Temple de Jérusalem. Elle connaissaît par cœur les prophéties d’Isaïe sur le Crucifié. C’est sans compter son don de science qu’elle possèdait parce qu’elle n’a jamais péché.

Conclusion

Du bien bon monde, n’est-ce pas ? Du monde comme nous autres, non ? Avec leur joies et leurs vicissitudes… Avec des travaux de sarclage, de jardinage, de charpenterie… Avec des angoisses de rester vierge mais obligée de se marier.

Mais qu’est-ce qui les distingue alors ?

D’abord, et c’est drôle à dire, ils sont convertis ! Que veut dire le mot « converti » justement ? Ça veut dire, entre autres choses, que tu ne fais pas dos à Dieu, tu ne Le rejettes pas mais, au contraire, tu te tournes vers Lui et tu Lui fait face. Or quand on fait face à quelqu’un, habituellement l’honnêteté nous habite. Nous n’avons pas le regard fourbe.

Et si nous sommes convertis et pouvons faire face à Dieu, c’est donc dire que nous respectons tous ses Commandements d’Amour qu’Il nous a édictés. Tous… sans exception…

Et si nous respectons tous ses Commandements d’Amour qu’Il nous a édictés, certainement que nous aurons le cœur pur, n’est-ce pas ? Et qu’est-ce qui arrive à ceux qui ont le cœur pur ? Réponse : ils verront Dieu. Donc, à Lui faire face immédiatement ( i.e. à être des convertis ), nous Le verrons…

Revenons à « notre bien bon monde ».

Marie est née sans péché et n’a jamais péché de sa vie. Jésus tout autant. Aucune saleté sur le miroir des âmes. Dieu peut donc s’y refléter constamment.

Dernière considération

Dans ce blog, Jésus a invités les lecteurs à purifier tant leurs sens naturels ou physiques que surnaturels (impossible pour moi de retracer l’endroit précis). Je vous redonne ici ( de mémoire ) un extrait de cette prière et vous constaterez qu’elle s’applique bien à notre propos. Cette prière va ainsi :

Aux Deux Saint Cœurs Unis

J’enfouis dans vos Deux Saint Cœurs Unis
Tant mes sens naturels que surnaturels
Afin que votre Amour Ardent
Puisse purifier mes sens
Et les remettre dans leur condition
Originelle telle que créés par Dieu
Avant même la faute d’Adam

Si bien que je pourrai glorifier Dieu
En tout temps et en tout occasion
Aider à la sanctification et au salut de mon prochain
Ainsi qu’à ma propre sanctification et salut

Je m’engage à demeurer loin du péché
(aidez-moi svp)
Je vous prie de verser vos eaux purificatrices sur mes sens

Amen

En quoi donc cette prière a une relation avec notre propos ?

Réponse : étant sans péché à leur naissance et dans leur vie, Jésus et Marie sont dans « la condition originelle telle qu’ils ont été créés par Dieu ». Cette condition dans laquelle ils sont est identique à Adam et Ève avant qu’ils ne fassent gaffe. Mais cet état n'appartient pas à Marie et à Jésus en exclusivité. Nous pouvons l'atteindre, nous aussi. En effet, pourquoi Jésus, dans sa prière, nous ferait alors demander de ramener nos sens à leur condition originelle d'avant le péché d'Adam ?

Et quel est l’effet d’être dans cette condition ? La ligne suivante nous en informe : « Si bien que je pourrai glorifier Dieu en tout temps et en tout occasion ».

Voilà tout est dit : Marie, quand elle regarde l’eau couler de la petite source, Elle remercie Dieu. Quand elle arrose ses fleurs et ses légumes, Elle remercie Dieu…

Comme ils voient Dieu face à face, ils n’ont pas besoin de cours universitaires pour comprendre que TOUT vient de Lui. Voilà pourquoi ils donnent Gloire en « tout temps et en toute occasion ».

On a à imiter ce « bien bon monde ». Il nous suffit d'enlever les saletés dans notre miroir.