samedi 15 juillet 2017

La révolution
Une bête sans maître


La confusion est fomentée comme précurseur de l'imposition d'un nouvel ordre



par Équipe Éditoriale du Centre de Fatima
SOURCE : Centre de Fatima
Juillet 2017

Les révolutions réussissent par la violence. Lorsqu'une impasse est atteinte entre l'ancien ordre et le nouvel ordre émergent, la violence suit. La discussion, le compromis et la réforme sont jugés impossibles : les différences représentées par les deux parties sont trop radicales. La destruction de l'ennemi est alors considérée comme le seul chemin vers une résolution.

À la fois la société Occidentale et l'Église Catholique sont maintenant très avancées dans ce qui ne peut être décrit que comme une révolution. Dans la société, cette révolution éclate de plus en plus dans la violence physique ; dans l'Église, elle se poursuit par des assauts verbaux implacables. Cette diabolisation de l'opposition a pour but l'incitation au mépris. Les ennemis de la révolution ne doivent pas être raisonnés, mais détruits.

Le Pape François a expliqué purement et simplement que, pour lui, la Tradition représente l'ennemi. L'enseignement de l'Église doit être réinterprété à la lumière de la révolution qu'il promeut. Ce qui a déjà été honni et supprimé — la dissension doctrinale et le relativisme moral — doit maintenant être honoré comme des lueurs de lumière dans les ténèbres dominantes d’autrefois du dogmatisme. Ceux qui souhaitent respecter le passé de l'Église et insistent sur l'intégrité de la Doctrine définie se font prodiguer des insultes : les rigoristes, les légalistes, les hypocrites, les Pharisiens, etc. Une campagne de violence verbale est menée quotidiennement par le Pape et ses alliés. L'Église historique doit être rasée et une nouvelle structure doit être mise en place.

Nous ne réalisons souvent l'importance et la direction des événements que longtemps après leur apparition. C'est comme si la plupart d'entre nous ne pouvaient voir clairement que rétrospectivement, une fois que la poussière est retombée et que la bataille a été gagnée ou perdue. Ce qui se passe maintenant, dans la société civile et dans l'Église Catholique, est l'élaboration de l’avenir de la civilisation Occidentale ; c'est-à-dire si cette civilisation, telle qu'elle existe maintenant, est pour avoir un avenir.

La Révolution Américaine de 1776 a avancé l'idée radicale selon laquelle la société devait être gouvernée par des représentants du peuple et non par des monarques héréditaires. La Révolution Américaine fut bientôt suivie par la Révolution Française. Tout au long du 19ème siècle, l'Europe a connu une série de bouleversements sociaux qui ont abouti à la Première Guerre mondiale, souvent considérée comme la disparition finale de la monarchie. L'Empire Catholique Austro-Hongrois a été démantelé et le monde a finalement été « sécurisé pour la démocratie », comme l'ont déclaré les apologistes de la Grande Guerre en triomphe solennel. Mais la démocratie n'était pas sûre pour tout le monde, comme l'ont vite appris le Tsar Alexandre et sa famille assassinée. Et la guerre pour mettre fin à toutes les guerres fut bientôt suivie d'une guerre encore plus terrible.

La monarchie a jadis été pensée pour être le miroir du gouvernement Divin : le Roi était le représentant de Dieu sur Terre, la source de la justice et le protecteur des ordres moraux et sociaux. Le Roi était oint, non élu, signifiant que son élection venait d'en haut et non d'en bas. Avec le renversement de la monarchie, l'ordre social et moral a été vu, non pas tellement réglé par le Créateur, mais comme sujet à changement par consensus. Tant que l'éthique Chrétienne exerçait un effet unificateur sur la culture, le consensus a changé très peu de choses. Mais l'éthique Chrétienne, séparée de la Doctrine, fonctionnait à vide. Ce fonctionnement à vide est maintenant épuisé.

Les Papes ont été les derniers monarques en Occident à exercer un pouvoir réel. Ils ont utilisé ce pouvoir, jusqu'à l'avènement du Vatican II, pour s'opposer à l'establishment libéral séculier qui gouverne les nations et qui a l'intention de construire un gouvernement mondial. Ce nouveau gouvernement est inspiré de l'Église Catholique en ce qu'il prescrit une foi universelle et une doctrine morale pour ses sujets. Mais cela ne peut réussir que dans la mesure où l'Église échoue.

Les soupçons avec lesquels les Catholiques étaient autrefois considérés en Amérique étaient basés sur la conviction que leur première loyauté était pour le Pape et la Foi, non pas envers l'État et sa Constitution. C’était justifié, de son propre point de vue, mais ça reposait sur l'hypothèse que les Catholiques étaient entièrement engagés dans la pratique de leur religion, et ce même sur la place publique. Cette hypothèse a finalement été considérée comme non fondée.

Peu de gens craignent que les Catholiques aient des loyautés qui s'opposent et remplacent les valeurs laïques. Certains peuvent accueillir cela comme un signe d'acceptation sociale : les Catholiques sont devenus membres du corps politique mais à quel prix ? Quiconque a eu le malheur de voir le dîner télévisé Al Smith de 2016 à New York, présidé par le Cardinal Timothy Dolan, a eu un témoignage visuel et verbal que l'Église en Amérique n'a pas de véritable querelle avec les politiciens qui favorisent l'avortement, la contraception, le divorce, le mariage homosexuel, la recherche sur les cellules souches, etc. L'Église a annoncé son manque fondamental de sérieux moral d'une manière spectaculaire.

Alors, qu'est-ce que l'Église affirme maintenant ? Il semble qu’elle se soit alignée avec le Parti Démocrate (pro-avortement) aux États-Unis et des factions de même style dans toutes les autres nations Occidentales. Que le Pape soit salué comme le nouveau chef de la Gauche Mondialiste qui méprise la Foi Catholique, révèle à quel point l'Église s'est éloignée de sa Doctrine et de sa mission.

Le fonctionnement à vide de la Chrétienté s'est arrêtée il y a quelque temps. Ses gardiens, se rendant compte qu'ils ne représentent plus une force sociale vitale, espèrent trouver une place dans le nouvel ordre en faisant de la vieille religion un complément au libéralisme laïc. Si le mondialisme veut des frontières ouvertes et des Musulmans affluant en Europe et en Amérique du Nord, ainsi aussi en est-il des églises, en particulier de l'Église Catholique. Le Pape François ne cesse jamais de faire la leçon à l'Occident sur son devoir d'accepter les « réfugiés » Musulmans sans laisser passer ou entrave et insiste sur le fait que ce devoir est fondamental pour le Christianisme.

L'impuissance de l'Occident face à l'immigration Musulmane, à son effusion de sang et à sa terreur est un symptôme de sa culture épuisée. Même si les Musulmans voulaient s’assimiler, quelle culture qu’il reste à l'Ouest à leur offrir ? Le consumérisme n'est pas une culture : c'est un simple appétit. Aussi barbare et cruel fut le jihadiste qui a massacré les enfants à Manchester, il avait au moins un idéal pour lequel il voulait mourir. Que peut-on dire de ceux qui sont morts pour être aller voir Ariana Grande en concert ? Les pauvres enfants d'Occident ont peu pour les inspirer. Est-il étonnant que les nouveaux conquérants d'Europe, les Islamistes, trouvent des convertis parmi les conquérants ?

Il y a peu de ce qui reste de la Chrétienté qui attire et inspire. Et ce petit reste est maintenant honni par le Pape, qui veut tout balayer du passé. Chaque fois que la Foi traditionnelle se lève la tête, le Pape est prêt à appliquer sa matraque. Mais quand ceux qui sont fidèles à la Foi de leurs pères seront chassés, qu’est-ce qui restera ?

Les foules enthousiasmées lors des Journées Mondiales de la Jeunesse et les fêtes sur les plages géantes de Rio sont des événements qui passent et leurs participants ne respectent pas les engagements de vivre de la Foi. De rechercher de tels événements comme des signes de vitalité dans l'Église, c’est se livrer à l'aveuglement. La Foi disparaît partout. Elle a été presque effacée dans certaines parties du Moyen-Orient où la « religion de la paix » dont les adhérents que le Pape veut que nous accueillions dans nos patries, a tué ou asservi les Chrétiens et détruit ou désacralisé des églises.

Certains sont perplexes devant l'enthousiasme de la Gauche pour l'immigration Musulmane. Après tout, l'Islam considère les femmes comme des biens, il fait mutiler des jeunes filles, il exécute des homosexuels en les jetant au sommet des bâtiments et il parle avec enthousiasme de ceux qui tuent les infidèles. Beaucoup de Musulmans sont favorables à la loi de la Charia dont les châtiments cruels incluent le démembrement. La Gauche se fait la championne du féminisme, du « mariage homosexuel » et considère les criminels comme des victimes d'inégalités qui frappent leurs oppresseurs. La Gauche semble être l'adversaire naturel de l'Islam. Mais ce n'est pas le cas. Pourquoi ?

L'ancien dicton : « L'ennemi de mon ennemi est mon ami » s'applique ici. L'Islam déteste l'Occident, ce qui signifie qu'il déteste tout ce qui reste de la culture Chrétienne. Ses dirigeants se réfèrent toujours aux Occidentaux comme étant des « Croisés ». Nous en sommes à peine, mais lorsqu'un groupe d'Occidentaux est abattu lors d'un concert de rock ou dans un marché de Noël ou dans un centre commercial, au cri de « allahu akbar », les victimes sont vues par les jihadistes en tant que des descendants de Richard Cœur de Lion .

La réponse assez douce de nos dirigeants montre combien nous sommes loin de nos ancêtres Croisés. Le fait est, dans un aspect majeur, que la Gauche veut la même chose que les djihadistes : la destruction finale de la Chrétienté. Cela explique pourquoi les dirigeants Occidentaux accueillent l'immigration Musulmane. C’est considéré comme la solution finale à ce qu'ils considèrent comme le Petit Reste problématique de la Chrétienté. Mais qu'est-ce qu'ils feront avec leurs alliés Musulmans une fois que la culture Occidentale, basée sur la famille et la Foi, aura été détruite ?

Les révolutions ne voient jamais loin. La violence même qu'ils suscitent crée des nuages de confusion. La destruction est le premier élément d'activité. Une fois que l'ancien ordre a été supprimé et consigné dans sa position ignominieuse dans l'histoire nouvellement révisée, la révolution réglera les choses ou c’est ce qu’on croit. Ça se passe rarement de cette façon.

L'abolition des frontières, du nationalisme, de ce qui reste de l'identité culturelle en Occident est envisagé comme condition préalable au Gouvernement Mondial. L'Islam peut être une arme actuellement utile dans cette campagne, mais l'Islam a également démontré son intransigeance : les Musulmans ne s'assimilent pas en grand nombre. Rome pensait pouvoir utiliser les tribus Germaniques pour subvertir ses ennemis mais a fini par être vaincue par ceux-là mêmes qui étaient des serviteurs utiles. Il semble que les barbares ne voulaient pas devenir des Romains. Les Musulmans peuvent ne pas vouloir devenir mondialistes.

Pendant ce temps, le Pape François suit la direction des mondialistes dans la croyance apparente que l'Église peut être redéfinie et dotée d’un but renouvelé. Son aide est accueillie en autant qu'il ne devienne pas trop Catholique. Il semble y avoir peu de chances de cela. Le Pape continue de dénigrer l'Église historique et ses Doctrines. Quiconque se met dans son chemin le fait à son propre péril.

Jamais les Catholiques n'ont été confrontés à une situation tout à fait semblable à celle actuelle. En utilisant l'enseignement hétérodoxe du Pape, des Évêques se sont retournés contre d’autres Évêques. Dans un diocèse, les divorcés/remariés peuvent recevoir la Sainte Communion tout en continuant à vivre dans l'adultère. Pas ainsi par contre dans le diocèse voisin. La rupture de la Doctrine et de la discipline dans l'Église ressemble beaucoup à la rupture des frontières et de la culture dans la société laïque. La confusion est fomentée comme précurseur de l'imposition d'un nouvel ordre. Mais combien de contrôle les maîtres de la révolution ont sur les forces qu'ils ont lâchées ? Nous sommes malheureusement destinés à le découvrir vite.

La situation semble plutôt désespérée quand nous regardons nos dirigeants. C'est pourquoi nous devons regarder Notre-Dame. Elle nous a dit qu'Elle est notre seul espoir en ce moment. Peut-on en douter plus longtemps ? Seule l'obéissance à Notre-Dame de Fatima peut nous sauver des ténèbres qui se rassemblent. Que ça arrive bientôt.