vendredi 14 juillet 2017

Le Cardinal Schönborn

« Toutes les questions [dubia]
peuvent être répondues par « Oui » »



Par : Steve Skojec
Éditorialiste en chef de One Peter Five

Le 14 juillet 2017
SOURCE : One Peter Five





Le jeudi 13 juillet, le Cardinal Cristoph Schönborn — l'interprète choisi par le Pape et le défendeur de son Exhortation Apostolique Amoris Laetitia — s'est adressé à une audience lors de la conférence « Let's Talk Family : Let's Be Family » [ Parlons Famille, Soyons Famille ] en Irlande en prévision de la Rencontre Mondiale des Familles à Dublin l'année prochaine. Selon Greg Daly, du journal The Irish Catholic, Schönborn a ouvert son discours en assurant les personnes présentes que l'Exhortation et le Pape qui en est responsable sont Catholiques :


Plus tard, Daly a tweeté que Schönborn a déclaré que toutes les questions des dubia peuvent être répondues par un « oui » :

Si vous ne rappelez pas ce que les réponses sont censées être, permettez-moi de vous rappeler pourquoi cette déclaration est problématique :

« Le Pontife Romain, que Sainte Catherine de Sienne qui en a référé comme étant le « Notre Doux Christ sur Terre », a également le pouvoir de calmer l'orage déchaînée qui ballote la Barque de Pierre. Ce n'est pas le déchaînement des vents et des vagues qui mettent en danger le vaisseau, mais la confusion, l'erreur et le doute — et pire encore, un schisme rapidement en métastase, se répandant comme un poison mortel dans tout le Corps Mystique du Christ ».

« En ce qui concerne la crise créée par elle-même et en l'Église — la bataille croissante sur le mariage, le divorce, le remariage, les sacrements pour ceux dans un de état péché grave objectif et la question de l'existence du péché objectif lui-même — notre Saint Père, comme le Christ même Il a le devoir de servir, et il a à sa disposition cinq paroles simples qui apaiseraient la tempête :

« Non. Oui. Oui. Oui. Oui ».

Ce sont, bien sûr, les seules réponses qu'un Catholique pourrait donner aux dubia. Il n'y a pas d'autres options. Aucune exception. Pas de discernement pastoral. Pas besoin de verbosité ou encore plus de nuances.

Distillés dans une forme grossièrement simple, les dubia sont essentiellement la suivante :

  1. Les divorcés et les remariés qui sont encore engagés dans une relation sexuelle peuvent-ils recevoir l'absolution et la Communion sans changement de vie ?

  2. Existe-t-il des normes morales absolues ?

  3. Le péché grave objectif existe-t-il encore ?

  4. Est-ce que l'enseignement est encore valable que, bien que de nombreuses circonstances puissent atténuer la culpabilité d'un individu, ces circonstances ne peuvent pas changer un acte intrinsèquement mauvais en un acte subjectivement bon ?

  5. L'enseignement de l'Église selon lequel en appeler à la conscience ne peut pas surmonter les normes morales absolues est-il toujours vrai ?
Ces cinq questions sont si simples, leurs réponses sont si évidentes, elles ne nécessitent pas plus de 30 secondes du temps de François. (Si cela facilitait les choses, les cinq paroles pourraient être prononcées à partir de la cabine sous pression d'un avion, un environnement qui semble stimuler la loquacité papale).

Examinons donc ce « non » dans la liste des « oui ». La question complète présentée par les Cardinaux des dubia était la suivante :

« Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre « more uxorio » ?

Mon résumé simplifié et distillé est encore une fois :

« Est-ce que les divorcés/remariés qui sont encore engagés dans une relation sexuelle peuvent recevoir l'Absolution et la Communion sans changement de vie ? »

Et le Cardinal Schönborn — choisi pour expliquer l'Exhortation du Pape lui-même — dit que la réponse à cette question est oui.

Le Cardinal Autrichien avait aussi cela à dire à propos des couples homosexuels :

« Favoriser la famille ne signifie pas désavouer d'autres formes de vie — même ceux qui vivent dans un partenariat de même sexe ont besoin de leurs familles ».

Ce n'est pas la première fois qu'il a parlé favorablement des unions qui impliquent l'un des péchés qui « crient vengeance au Ciel ». En 2015, le Cardinal Archevêque de Vienne a fait des déclarations choquantes à propos de ces unions :

Sur la question de savoir comment l'Église parle de gays et de lesbiennes, Schönborn a également été le champion d'une approche plus inclusive.

« L'Église ne devrait pas regarder dans la chambre à coucher d'abord, mais dans la salle à manger » a-t-il déclaré lors d'une entrevue de septembre 2015 avec Civiltà Cattolica, le journal Jésuite à Rome.

« Nous pouvons et nous devons respecter la décision qu’une union soit formée avec une personne du même sexe [et] rechercher des moyens en droit civil pour protéger leur vie avec des lois pour assurer une telle protection » a-t-il déclaré lors de cette entrevue.

Schönborn a parlé d'un ami gay qui, après de multiples relations temporaires, a maintenant un partenaire stable.

« Ils partagent une vie, ils partagent leurs joies et leurs souffrances, ils s'aident les uns les autres » a-t-il dit. « Il faut reconnaître que cette personne a pris une mesure importante pour son propre bien et pour le bien des autres même si ce n'est certainement pas une situation que l'Église peut considérer comme « régulière ».

Au cours du Synode de 2014, Schönborn a également soutenu que l'Église peut trouver des éléments moraux positifs dans d'autres relations non traditionnelles telles que la cohabitation en dehors du mariage.

En 2016, le bulletin de la Cathédrale de Vienne de Schönborn décrivait favorablement un couple homosexuel avec un fils adopté. Schönborn a également déclaré publiquement que, si sa mère divorcée s'était remariée, lui et ses frères et sœurs l'auraient comprise.

Au cours de son entretien, Schönbornn a également visé les Cardinaux des dubia :

Interrogé sur la réception d'Amoris Laetitia au sein de l'Église et des « dubia » — cette série de questions posées par quatre Cardinaux pour éclaircir la confusion — le Cardinal Schönborn a déclaré que le « processus d'accueil est un long processus » et nécessite une négociation et une discussion.

Mais il a également critiqué les Cardinaux sur la manière dont ils ont soulevé leurs préoccupations. « Que les Cardinaux, qui devraient être les collaborateurs les plus proches du Pape, tentent de le forcer et de faire pression sur lui à donner une réponse publique à leur lettre publique, c'est un comportement absolument gênant » a-t-il déclaré.

Il a déclaré aux journalistes : « Je crains ceux qui ont des réponses rapides et claires en politique, en économie et aussi en religion. Les rigoristes évitent l’effort du discernement, de regarder de plus près la réalité. Les laxistes permettent tout ce qui se passe et il n'ont pas de discernement. Ils sont pareils mais opposés ».

« Saint-Grégoire le Grand a déclaré que l'art de l'accompagnement pastoral est l'art du discernement. C'est un art et il faut une formation » a-t-il ajouté.

Aucune référence n'a été donnée quant à l'endroit où, dans son corps d'enseignements, les Catholiques pouvaient trouver l'avertissement de Saint Gregoire sur « l'art de l'accompagnement pastoral ».