samedi 29 juillet 2017

Où le Pape François se positionne-t-il sur la contraception ?





Par : Matthew McCusker
Conférence de février 2017
SOURCE : Voice of the Family [Voix de la Famille]

Reprise ici pour son actualité par One Peter Five
Le 28 juillet 2017
SOURCE : One Peter Five





Note de l'éditeur : publié à l'origine en février 2017, nous publions cette article aujourd'hui à la lumière des dénégations par certains médias que le Vatican considérerait une nouvelle « réinterprétation » pastorale de Humanae Vitae. La nature des déclarations et des gestes ci-dessous — et un grand nombre d'entre eux — devraient nous mettre en toute confiance qu’Amoris Laetitia pourra toujours affliger Humanae Vitae de son même traitement. La liste ci-dessous n'est évidemment pas exhaustive. On pourrait y ajouter la collaboration du Vatican avec le défenseur mondial du contrôle de la population Jeffrey Sachs et le choix d'inviter l'avocat pro-avortement Paul Ehrlich, « père » du mouvement moderne du contrôle de la population et auteur du best-seller 1968 « The Population Bomb » qui fut invité à parler au Vatican. Le discours d'Ehrlich a eu lieu après la rédaction de cet article.



Par Matthew McCusker
Voix de la famille

Les circonstances entourant la démission du Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire de Malte et la nomination d'un « délégué papal » pour aider au « renouveau » de l'Ordre, soulève d'autres questions relativement à quel point le Pape François appuie l’enseignement de l'Église Catholique sur les questions d'éthique sexuelle. Dans cet article, nous reviendrons sur les préoccupations antérieures concernant la position du Pape François sur la contraception à la lumière des événements récents.

Au cœur de la crise dans l'Ordre de Malte, il y a la distribution des contraceptifs et des médicaments abortifs pendant un certain nombre d'années par Malteser International (MI), le bras humanitaire de l'Ordre. Edward Pentin a fourni des détails sur les programmes de MI dans son article complet sur le sujet. Une enquête menée par l'Institut Lepanto fournit de plus amples informations sur le travail de MI en faveur des préservatifs et des médicaments abortifs dans le monde entier. Parmi leurs constatations, les faits suivants se distinguent :

  • MI a distribué 52, 190 préservatifs en Birmanie (Myanmar) en 2005 et 59 675 en 2006.

  • Un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé de 2006, intitulé « Analyse des parties prenantes en santé de la reproduction au Myanmar 2006 », comprend « la planification familiale » parmi les « domaines d'expertise » de MI, la « contraception » parmi ses « activités » et « l'espacement des naissances » parmi ses « plans futurs ». Le rapport révèle également que MI a fourni des contraceptifs oraux à 2 500 femmes dans un canton Birman.

  • En 2007, MI a reçu une subvention de quatre ans de 1,7 million de dollars provenant du Three Disease Fund, pour laquelle il a distribué plus de 300 000 préservatifs en Birmanie.

  • En 2012, MI a conclu un partenariat avec Save the Children pour mener à bien un projet commun pour lequel ils ont reçu 2,1 millions de dollars du Fonds Mondial afin de distribuer encore plus de préservatifs en Birmanie pendant la période 2013-2016.

Malteser International a été dirigé tout au long de cette période par Albrecht Freiherr von Boeselager. Une enquête interne menée par l'Ordre de Malte a révélé que von Boeselager était finalement responsable des programmes impliquant la distribution de préservatifs et de médicaments abortifs. Son rôle dans MI a été l'un des principaux facteurs qui a entraîné son renvoi du rôle de Grand Chancelier par le Grand Maître, Fra Matthew Festing, le 6 décembre 2016, après avoir refusé deux fois de démissionner. Von Boeselager a fait appel au Vatican. Une commission a été nommée pour enquêter sur son licenciement. Edward Pentin a fourni des informations détaillées et inquiétantes sur le maquillage de cette commission qui semble avoir été principalement constituée d'amis et d'associés de von Boeselager. L'Ordre Militaire Souverain de Malte, qui est une entité souveraine, a refusé d'accepter la légitimité de cette ingérence dans leurs affaires internes.

Le 24 janvier 2017 Fra Matthew Festing a été prié de démissionner par le Pape François et il a accédé à cette demande. Le lendemain, le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Vatican, a déclaré que le Pape François déclarait nul et sans avenue tous les actes de Fra Festing depuis le 6 décembre, annulant ainsi le licenciement de von Boeselager. La démission de Fra Festing a été acceptée par le Conseil Souverain de l'Ordre de Malte le 28 janvier et il a été annoncé que von Boeselager était réinstallé à son poste de Grand Chancelier de l'Ordre.

En bref, le Pape François a rétabli le pouvoir d'un homme responsable de la distribution de préservatifs et de médicaments abortifs, tout en retirant du bureau l'homme qui a essayé de faire en sorte que Malteser International reste fidèle à l'enseignement Catholique.

À la lumière de cela et de sa décision de ne pas confirmer qu'il accepte l'enseignement Catholique sur l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, il est raisonnable d'examiner d'autres préoccupations concernant la position du Pape François sur la morale de l'utilisation des méthodes contraceptives. La liste ci-dessous attire l'attention des lecteurs sur les incidents importants dont nous sommes conscients ; ça ne doit pas être considéré comme exhaustif.

5 mars 2014 — Le Pape François est interviewé par Corriere della Sera. On lui demande : « À un demi-siècle passé de Humanae Vitae de Paul VI, l'Église peut-elle reprendre le thème du contrôle des naissances ? Le Cardinal Martini, votre confrère, a pensé que le moment était venu ». Dans sa réponse, le Pape François souligne que « Paul VI lui-même, à la fin, a recommandé aux confesseurs beaucoup de miséricorde et d'attention aux situations concrètes ». Le Pape a également déclaré que « la question n'est pas de changer la Doctrine, mais d'aller plus loin et de faire en sorte que le ministère (pastoral) tienne compte des situations et de ce qu'il est possible pour les gens de faire. Et aussi de cela, nous en parlerons sur le chemin du synode ». Les implications complètes de ces paroles deviendront plus claires au cours du processus synodal de deux ans.

13 octobre 2014 — La « Relatio post disceptationem » hétérodoxe du Synode Extraordinaire est publiée après avoir reçu l'approbation personnelle du Pape François. Ce document adopte une approche ambiguë à l'égard de la contraception et une approche de la conscience et du droit naturel d'une sorte qui compromettra inévitablement les enseignements moraux de l'Église. L'alternance entre les réformes orthodoxes de la Doctrine Catholique et les affirmations ambiguës et erronées suivra dans tous les documents synodaux suivants.

19 octobre 2014 — Le rapport final du Synode Extraordinaire s’approprie l'approche de la Relatio ci-dessus. Le traitement de la contraception et la loi naturelle sont examinés plus en détails dans l'analyse de Voice of the Family du document ici.

16 janvier 2015 — Le Pape François fait référence à Humanae Vitae dans une allocution aux familles des Phillipines, une fois de plus en mettant l'accent non pas sur la Doctrine centrale de l'Encyclique, mais sur son affirmation selon laquelle Paul VI « était très miséricordieux envers des cas particuliers et il a demandé aux confesseurs d’être très miséricordieux d’être compréhensifs dans le traitement des cas particuliers. Mais il a également eu une vision plus large : il a regardé les peuples de la terre et il a vu cette menace de familles détruites par manque d'enfants ». L'implication de ce passage, surtout à la lumière des commentaires du 19 janvier ci-dessous, est à l’effet que la contraception pourrait être tolérée dans des cas particuliers et que l'enseignement de l'Église a une « vision plus large » ou idéale. Cela reflète le « gradualisme » adopté dans les documents du Synode et dans Amoris Laetitia.

19 janvier 2015 — Le Pape François, lors d'une conférence de presse sur son vol de retour de Manille, raconte aux journalistes que la lettre d'encyclique Humanae Vitae ne portait pas sur « des problèmes personnels pour lesquels il a ensuite déclaré aux confesseurs qu'il était miséricordieux et comprenait la situation et pardonnait, qu’il était compréhensif et miséricordieux » mais plutôt« le Néo-Malthusianisme universel qui était en cours ». Ainsi, il considère Humanae Vitae comme étant principalement une norme universellement contraignante mais plutôt une réponse politique à un mouvement idéologique. Lors de la même conférence de presse, il critique une mère qui a eu huit enfants par césarienne et l'accuse d'être coupable de tenter Dieu. Il poursuit en disant que les Catholiques devraient pratiquer la « parenté responsable » et ne devraient pas « se reproduire comme des lapins ».

17 juin 2015 — Le Pape François nomme le scientifique du climat Hans Schellnhuber à l'Académie Pontificale des Sciences. Schellnhuber croit qu'il y a un « problème de population » et a déclaré précédemment que la « capacité de charge de la planète » est « inférieure à 1 milliard de personnes ». Les positions de Schellhuber ont été analysées plus en détail par Voice of the Family dans cet article.

18 juin 2015 — Le Pape François promulgue la lettre d'encyclique Laudato Si appuyant la théorie du changement climatique et l'agenda écologiste. L'encyclique ne fait aucune référence directe à la contraception malgré l’étroite corrélation entre les mouvements environnementaux et le contrôle de la population. Ce lien est illustré par la sélection par le Vatican de Hans Schellnhuber et Carolyn Woo, alors président et chef de la direction de Catholic Relief Services, une organisation Américaine qui a financé des groupes qui favorisent l'avortement et la contraception, pour qu’ils présentent le document Laudato Si lors de son lancement.

23 juin 2015 — L'Instrumentum Laboris du Synode Ordinaire est publié. Ce document, approuvé par le Pape François avant sa publication, mine gravement l'enseignement de l'Église sur la contraception et ses enseignements moraux en général. Ceci est expliqué en détails dans l'analyse de Voice of the Family du document.

10 septembre 2015 — 65 académiciens font appel aux Pères du prochain Synode ordinaire pour rejeter « la distorsion de l'enseignement Catholique implicite au paragraphe 137 » de l'Instrumentum Laboris. Ils écrivent : « Le paragraphe 137 traite d'un document clé du Magistère moderne, Humanae Vitae, d'une manière qui remet en question la force de cet enseignement et propose une méthode de discernement moral qui n'est décidément pas Catholique. Cette approche du discernement contredit ce qui a déjà été enseigné par le Magistère de l'Église sur les normes morales, la conscience et le jugement moral, en suggérant qu'une conscience bien formée peut être en contradiction avec les normes morales objectives ».

24 octobre 2015 — Le rapport final du Synode Ordinaire continue d'adopter une approche gravement problématique de la loi morale et de la contraception en particulier.

30 novembre 2015 — Le Pape François affirme, dans le contexte d'une question concernant l'utilisation de préservatifs pour prévenir la transmission du VIH, qu'il pourrait y avoir un conflit entre le Cinquième et le Sixième Commandement. Un journaliste Allemand a demandé :

« N'est-il pas temps pour l'Église de changer sa position sur le sujet ? De permettre l'utilisation de condoms pour prévenir plus d'infections ?

Dans sa réponse, le Pape François a déclaré :

« Oui, c'est l'une des méthodes. La morale de l'Église sur ce point se trouve ici face à une perplexité : le Cinquième ou le Sixième Commandement ? Défendre la vie ou que les relations sexuelles soient ouvertes à la vie ? »

En fait, il ne peut jamais y avoir aucun conflit entre les Commandements du Décalogue. Le Pape François implique en outre que l'enseignement de l'Église sur cette question n'est pas une priorité :

« Cette question me fait penser à une personne qui a demandé une fois à Jésus : « Dis-moi, Maître, est-il légal de guérir le jour du sabbat ? Est-il obligatoire de guérir ? » Cette question : « Est-ce licite de faire cela »... mais la malnutrition, le développement de la personne, le travail des esclaves, le manque d'eau potable, voilà les problèmes. Ne parlons pas si on peut utiliser ce type de pansement ou tel autre pour une petite blessure, la blessure grave est l'injustice sociale, l'injustice environnementale, l'injustice qui ... je n'aime pas aller aux réflexions sur ces études de cas lorsque les gens meurent en raison d’un manque d'eau, de la faim, dû à l'environnement ... quand tous sont guéris, quand il n'y a pas ces maladies, ces tragédies que l’homme fait, soit pour l'injustice sociale, soit pour gagner plus d'argent, je pense au trafic d'armes lorsque ces problèmes ne seront plus là, je pense que nous pourrons poser la question « est-il licite de guérir le sabbat ? »

10 décembre 2015 — Le Cardinal Turkson suggère que le monde pourrait être surpeuplé et déclare que « cela a été discuté et que le Saint-Père lors de son retour des Philippines a également invité les gens à une forme de contrôle des naissances parce que l'Église n'a jamais été contre le contrôle des naissances ni des personnes qui espacent les naissances et tout cela ». Il a déclaré plus tard qu'il aurait dû utiliser le terme« parenté responsable » plutôt que « contrôle des naissances ».

18 février 2016 — Le Pape François semble suggérer que les préservatifs sont un « moindre de deux maux » qui peuvent être utilisés pour empêcher la transmission du virus Zika et fait à nouveau l'affirmation erronée qu'il peut y avoir un « conflit entre le Cinquième et le Sixième Commandement » du Décalogue. Il semble également suggérer que la question de la contraception est un « problème religieux » plutôt qu'un « problème humain ». Cette approche incohérente de la loi morale était déjà prédite par la Voix de la famille dans nos analyses des documents synodaux.

19 février 2016 — Le Bureau de Presse du Vatican confirme que le Pape François avait l'intention d'approuver l'utilisation de préservatifs dans certains cas dans ses remarques de la veille.

8 avril 2016 — L'Exhortation Apostolique Amoris Laetitia est promulguée. Ce document s'appuie sur l'approche erronée adoptée dans les documents synodaux envers la conscience et la loi naturelle et poursuit de fausses approches de la théologie morale, y compris le gradualisme, l'éthique de la situation et l'option fondamentale.

1er septembre 2016 — Le Pape François affirme qu'il est « satisfait » par l'adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, qui comprennent « l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive ». Ces termes comprennent la contraception et l'avortement par les agences des Nations Unies, les gouvernements nationaux et les agences internationales. L'Archevêque Mupendwatu, du Conseil Pontifical pour les Travailleurs de la Santé, avait déjà déclaré à l'assemblée de l’Organisation Mondiale de la Santé à Genève que le Saint-Siège accueillait sans réserve les ODD et que l'objectif 3, impliquant les deux objectifs qui appellent « l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive », était la clé pour atteindre tous les autres objectifs. L'affirmation du Pape selon laquelle il est « gratifié » par des Objectifs de Développement Durable qui mèneront à un plus grand meurtre d'enfants à naître menace de détruire la crédibilité des déclarations solides qu'il a faites en opposition à l'avortement lors de son pontificat.

19 septembre 2016 — Quatre Cardinaux écrivent au Pape François lui demandant de résoudre cinq dubia sur la Doctrine d'Amoris Laetitia. Ces dubia, qui soulèvent des questions concernant la nature de la conscience et l'existence de maux moraux intrinsèques, sont d'une grande importance pour l'enseignement de l'Église sur la contraception.

24 octobre 2016 — Le Pape François salue Bernard Häring, théologien moral et dissident influent de Humanae Vitae. Il a déclaré à la 36e Congrégation Générale des Jésuites que Häring était le « premier à avoir commencé à chercher une nouvelle façon d'aider la théologie morale à fleurir à nouveau » et que « la théologie morale de nos jours a fait beaucoup de progrès dans ses réflexions et dans sa maturité ».

14 novembre 2016 — Les quatre Cardinaux rendent publique le texte des dubia après que le Pape François les informe qu'il n'a pas l'intention de donner une réponse. La décision du Pape de ne pas expliquer clairement la signification de son propre texte renforce la perception commune que son enseignement est délibérément ambigu et destiné à saper la Foi Catholique.

Les exemples énumérés ci-dessus démontrent dans quelle mesure le pontificat du Pape François a causé un grand doute et une confusion concernant l'enseignement de l'Église sur des questions telles que la contraception en relation au droit moral. En cette heure de grande crise pour l'Église, nous devons nous tourner vers Dieu, avec une confiance toujours plus grande, en offrant nos prières et nos pénitences qu'Il va bientôt manifester Son pouvoir tout-puissant et apporter sa délivrance à Son Église.