mardi 13 juin 2017

BELGIQUE: Là où l'Église est en train de disparaître




Rédigé par : Marco Tosatti

SOURCE : Il Timone, juin 2015, p. 15 <




La Belgique était un pays de forte tradition catholique. Pourtant, alors qu'à une certaine époque 99% de la population se déclarait fidèle à Rome, la situation a aujourd'hui radicalement changé, aussi bien à cause de l'immigration, surtout musulmane, que de la sécularisation qui, en Belgique, revêt des proportions particulièrement extrêmes, particulièrement en ce qui concerne les sujets liés à la vie. Par ailleurs, l'Église ne semble pas réagir à cette situation de manière efficace, bien au contraire.

Examinons tout d'abord quelques chiffres. Il n'est pas facile d'obtenir des données à jour parce que la Belgique n'organise pas de recensements sur l'appartenance religieuse au niveau national. Mais en croisant les données mises à disposition par l'UCL remontant à quelques années (2012) avec les statistiques fournies par les autorités religieuses, on peut esquisser un tableau.

Le panorama qui en ressort est, du point de vue de la foi, largement décourageant. Moins de 4% de la population entre 5 et 69 ans va à la messe le dimanche. A peine à mariage sur quatre est encore célébré à l'Église et le baptême est une pratique qui du point de vue statistique concerne désormais à peine plus d'un nouveau-né sur deux. Les statistiques fournies sur l'évolution de la pratique religieuse prennent comme point de départ l'année 1977 et comme point d'arrivée l'année 2007 (ou 2009 en fonction des études).

La situation des vocations est tout aussi grave, si pas davantage. En 1960, il y avait environ 10.500 prêtres en Belgique, aujourd'hui ils sont plus ou moins 3.000 et la plupart sont très âgés. Mais le vrai problème, ce sont les nouvelles vocations. En 2016, il n'y avait aucun nouveau séminariste francophone à Namur (aujourd'hui aucun diocèse belge n'est en mesure d'avoir son propre séminaire).

Le nombre de prêtres ordonnés chaque année n'est pas plus réjouissant. D'après des données globales de 2014, Namur ordonnait sept nouveau prêtres, suivie par Malines-Bruxelles avec six, Gand avait un nouveau prêtre alors que Bruges, Hasselt, Anvers, Liège et Tournai n'en avaient pas un seul. En outre, parmi ces nouveaux prêtres, les belges sont minoritaires: trois à Namur alors que les autres étaient originaires du Paraguay, du Brésil, d'Italie et du Bénin. A Bruxelles, il n'y avait que trois belges et tous les autres étaient étrangers. En 2015, Namur ordonnait sept nouveaux prêtres et cette année on célébrera l'ordination de deux candidats au sacerdoce, Allan Azofeifa et Isaac Torres.

C'est dans un tel contexte de désolation que se produisent des événements qui semblent difficilement compréhensible. Le précédent archevêque de Bruxelles, Mgr Léonard, avait créé et développé la Fraternité des Saint Apôtres à Bruxelles. Depuis sa création en 7 avril 2013, elle avait attiré 27 membres en à peine trois ans d'activité: six prêtres et 21 séminaristes, sans compter un excellent travail dans les deux paroisses qui leur avaient été confiées. Des chiffres qui, comparés à ceux que nous venons d'analyser, semblent à peine croyables.

Mais dans les mois qui ont suivi la démission de Mgr Léonard, le Cardinal Jozef De Kesel, une créature du Cardinal Danneels - par ailleurs fortement impliqué dans une affaire de couverture d'actes pédophiles (un évêque qui violait son neveu) et malgré cela grand conseiller du Pape - a décidé de ne plus héberger la Fraternité. Malgré les protestations véhémentes des fidèles. Cette affaire, mollement justifiée par Mgr De Kesel, a été suivie par un autre éloignement scandaleux: celui des Fraternités de Jérusalem, forcées de manière indirecte à quitter la capitale belge après une longue présence.

En ajoutant à cela des déclarations et des positions d'évêques et de la Conférence épiscopale en phase avec la pensée et la culture dominante, hyperlaïque, le futur de cette Église semble bien sombre.