dimanche 9 juillet 2017

C'était quelqu'un
Titre anglais :
Le témoignage du Cardinal Meisner
sur Fatima et les dubia




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 8 juillet 2017


Comme nous l'avons signalé plus tôt cette semaine, le Cardinal Joachim Meisner, l'un des Quatre Cardinaux des dubia est décédé le 5 juillet. Le Cardinal Allemand s'endormit paisiblement en disant son bréviaire en préparation pour célébrer le Saint Sacrifice de la Messe du matin.

Dans la foulée des nouvelles de la mort du Cardinal Meisner, le Dr Michael Hesemann — l'historien de l'Église Allemande qui nous avait plus tôt fourni un important document de1918 des archives du Vatican concernant le plan Franc-Maçonnique pour attaquer le Trône et l'Autel — a écrit sur sa propre page Facebook un hommage au Cardinal Allemand qu’il connaissait personnellement et bien.

Dans cet hommage, le Dr Hesemann cite une lettre privée que le Cardinal Meisner lui avait écrite le 29 décembre 2016 et ces écrits semblent être maintenant avec justesse une partie du propre testament spirituel du Cardinal. (Meisner a également écrit un testament spirituel public auquel nous reviendrons plus tard. Mais ce témoignage plus privé est encore plus pertinent dans la mesure où le Cardinal Meisner lui-même était le seul des Quatre Cardinaux des dubia qui n'a jamais fait de déclarations publiques sur sa propre participation et son appui aux dubia). Voici quelques-uns des écrits privés du Cardinal Meisner rédigés à la fin de 2016 tels que cités par le Dr Hesemann :

« Nous vivons dans un temps de confusion, non seulement dans la société mais aussi dans l'Église » il [Meisner] m'a encore écrit le 29 décembre 2016 ; comme il avait raison ! Et il a ajouté — l'écrivant comme un message pour tous les Évêques et, en même temps, pour expliquer sa signature des dubia : « Le berger est nommé par le Christ afin de préserver le troupeau d'erreurs et de la confusion ». [ nous soulignons ]

Après avoir cité ces paroles mémorables à propos de la crise actuelle dans l'Église et du devoir intrinsèque du Pape, le Dr Hesemann continue en se référant également à l'importance que le Cardinal Meisner avait mis au Message de Fatima :

« Lui [Meisner] qui est plus étroitement lié au Message de Fatima que tout autre Évêque Allemand et qui avait rencontré Sœur Lucie, la voyante, à plusieurs reprises, a mis à ce moment [en décembre 2016] beaucoup d’espoir sur l’Année 2017 de Fatima et espérait aussi « que la Mère de Dieu ne nous laisserait pas nous noyer dans la confusion et dans le péché ». [ mon soulignement ]

Combien perçantes ces paroles de prière sont quand nous pouvons considérer les écrits subséquents du Dr Hesemann :

« Que, dans la même année [2017] le gouvernement fédéral [de l'Allemagne] légaliserait facilement les « mariages gays » anti-Chrétiens qu’il [Meisner] ne pouvait pas alors prévoir. Cependant, ses dernières paroles qu’il m’a alors écrites sont devenues encore plus pertinentes — Oui, elles ressemblent à un testament, ça semble être son dernier avertissement, pour notre temps : « Depuis longtemps dans notre société, il existe à peine de la mémoire concernant la création, on a aussi oublié qui et quel est l'homme. Voilà pourquoi tout va maintenant sens dessus dessous et on pense même encore là, tout au plus, à servir l'humanité ».

Nous sommes reconnaissants envers le Dr Hesemann pour la publication de ces écrits de l'un des Quatre Cardinaux courageux des dubia qui a également reçu dans un passé récent beaucoup de critiques pour sa propre signature des dubia. En décembre 2016, nous avons rapporté les dures paroles qui provenaient des sources Allemandes — c'est-à-dire de la branche Allemande de Radio Vatican et de Katholisch.de, le site de la Conférence Épiscopale Allemande — qui ont utilisé des mots tels que « Traîtrise » et « Renégat » à l’égard du Cardinal Meisner. Comme nous l'avions signalé à l'époque, Meisner était peut-être aussi marginalisé pour recevoir une telle critique du fait que lui-même avait été la force motrice au Conclave 2005 afin que Joseph Ratzinger soit élu Pape.

Paul Badde, un journaliste Allemand, académicien et spécialiste du Vatican qui connaissait le Cardinal Meisner personnellement et intimement et depuis de nombreuses années — et même l’a eu comme son conseiller lors de la rédaction de nouvelles sur l’Église — nous a aussi rappelé dans son propre hommage très émouvant du Cardinal Allemand de son rôle important au Conclave 2005. Badde dit que c’était Meisner qui « avait, au cours du Conclave, découvert et déjoué un complot du groupe que l'on appelle Sankt Gallen [ la mafia de Saint-Gall ] opposé à cette même élection [de Joseph Ratzinger]. Badde continue en disant :

« À ce moment-là, il est devenu le « faiseur de Pape » à côté du Saint-Esprit bien sûr. « Aujourd'hui, je me suis battu comme jamais auparavant dans ma vie » m’a-t-il dit au moment du chemin de retour de la Chapelle Sixtine à son logement sur la colline Gianicolo. Il ne pouvait pas en dire plus ». [ mon soulignement ]

Revenons maintenant au thème de Fatima. Le Cardinal Meisner a déjà décrit lors d'une conférence comment, pendant plus que ses 40 ans de vie sous le Communisme en Allemagne de l'Est, les Communistes avaient toujours eu une aversion particulière contre Fatima et il a déclaré qu’ils ne donnaient jamais le droit à un Catholique de se rendre à Fatima. « Cela nous a toujours été refusé ». « Nous ne pouvions pas beaucoup parler de Fatima parce que ce serait toujours interprété comme de la propagande anti-soviétique » a expliqué le Cardinal Meisner. Pour lui personnellement, c’était un signe que « le diable sent quand il s’embarque dans de sérieux ennuis [wo es ihm geht an den Kragen] ».

En 2016, peu de temps après la brève rencontre à Cuba entre le Pape François et le Patriarche Orthodoxe Kirill, le Cardinal Meisner a proposé à la même conférence mentionnée ci-dessus que cet événement historique pourrait et devrait inspirer à la fois les Catholiques et les dirigeants orthodoxes de « nous consacrer tous à la Mère de Dieu au milieu des difficultés actuelles tout comme les enfants voyants de Fatima l’ont proposé ». [mon soulignement] Il a donc soutenu la notion de la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

De plus, le Cardinal Meisner a montré son dévouement à Fatima aussi à d'autres occasions. En 2013, dans une homélie à la veille de la Fête de Notre-Dame de Fatima le 13 mai, le Cardinal Meisner a fait une très belle présentation sur l'importance de Fatima et du Rosaire en particulier. En se souvenant de l'année 1917, le prélat a dit :

« La lumière de la Foi s’est éteinte en Europe de l'Est [avec la Révolution Russe], mais en Occident, la lumière de la Foi s’est levée à nouveau : à savoir, le message de Marie à propos de surmonter mal avec le bien, à propos de la conquête des chars d’assaut et des canons par la prière. Et c’était à Fatima ».

Meisner a ajouté que c’était à Fatima — au Portugal — que Notre-Dame « trouvé une tête de pont à partir duquel elle a aidé à surmonter l'incrédulité » Ainsi, il ajoute : « Bénis sois-tu, Portugal, parce que tu as cru ».

Ce fut après la tentative de meurtre du Pape Jean-Paul II en 1981 — qui croit fermement que c'est par l'intercession de Notre-Dame de Fatima que sa vie a été sauvée — que le Pape a demandé au Cardinal Meisner de célébrer une Messe à Fatima même, en 1990, et « le premier Jour de Fatima sans l'Empire bolchévique », et de la dire « dans l'action de grâce pour la libération du Communisme ». (Nous allons bientôt revenir à cette homélie de 1990.) Aux yeux de Meisner, ce fut par Fatima que le changement politique en 1989 a eu lieu en Europe de l'Est. « Comme une arme contre l'impiété, la Mère de Dieu nous a donné la prière, mais surtout la prière du Rosaire » a expliqué le Cardinal.

Le Cardinal Meisner, qui avait une façon très vivante et chaleureuse de donner ses homélies, s’est rappelé aussi d’une rencontre, en 1975, en tant que jeune Évêque, toujours en Allemagne Communiste. Il est venu à sa Messe à Erfurt (Allemagne de l'Est) un groupe de touristes visiteurs qui se sont avérés être des Catholiques de l'Union soviétique (Kazakhstan) et qui n'étaient pas allés à la Sainte Messe depuis 30 ans ! « Nous nous ennuyons de l'Église » lui ont-ils dit après la Messe et un homme a posé une question très pertinente à Meisner : « Pourriez-vous me donner quelqu’information très importante ? Quelles Doctrines de la Foi devons-nous transmettre à nos enfants et aux enfants de nos enfants afin qu'ils puissent atteindre la vie éternelle ? » [mon soulignement]

Le Cardinal Meisner était encore tellement touché par ces paroles quand il les racontait à nouveau en 2013 lors de son homélie : « Une telle question importante n'avait pas été portée à mon attention auparavant, ni jamais par la suite » a-t-il dit. Cependant, quand j'ai ensuite proposé à cet homme de lui donner à lui et à chacun de ses compagnons la Bible et le Catéchisme, l'homme de l'Union Soviétique déclina poliment, en disant qu'ils ne sont même pas autorisés d'avoir des livres religieux dans leurs propres maisons. Interrogés s’ils pouvaient ramener un Rosaire à la maison, l'homme a répondu : « Oui, nous pouvons le faire. ? Mais, qu'est-ce que cela a à voir avec ma question ? » Et le Cardinal Meisner répondit — tenant son chapelet :

« Au début du Rosaire est la Croix, où nous prions le Credo qui contient notre Foi entière. Viennent ensuite les trois perles : Foi, Espérance, Charité — tout l'enseignement en somme pour la vie. C'est ce que nous avons à vivre. Suivez ensuite les autres perles, l'ensemble des Évangiles dans une sorte de scénario secret ou non visible qui ne peut être compris que par les mains et les cœurs priants.

L'homme prit le chapelet entre ses mains et dit : « Quoi ? Alors, j'ai toute la Foi Catholique dans une main ! » [mon soulignement] La description de cette conversation inattendue et inoubliable, telle que racontée par le Cardinal Meisner, devrait être savourée pleinement dans l'homélie originale, en Allemand, afin de voir la beauté morale la plus complète de cette histoire vraie. Est-ce que nous pourrions savoir ce qui est arrivé à ces Catholiques de la Russie depuis 1975 !

Le Cardinal Meisner tient son chapelet alors qu’il raconte l'histoire de sa rencontre avec ces Catholiques de l'Union Soviétique. (Écran)

Tout au long de cette homélie, par exemple, le Cardinal Meisner a utilisé quelques belles images poétiques et des combinaisons de mots qui jaillissaient de sa Foi profonde et de son ardent amour de Dieu. Il dit par exemple : « Quand je tends la main à la Main de Dieu, je veux avoir quelque chose dans ma main. C’est le Rosaire ! » [mon soulignement] Et : « Celui qui prie encore et encore le Rosaire sentira ce que les frères ont ressenti sur le Chemin d'Emmaüs quand ils se demandaient : « Notre cœur ne brûlait-il pas ? » » Et ici le Cardinal Meisner a déclaré : « Le cœur qui brûle pour le Christ est l'espérance du monde. Marie a apporté ce feu à Fatima ». [mon soulignement] « Pas des théories, mais des cœurs brûlants changeront le monde » a ajouté le prélat. Il a utilisé aussi la belle image de la femme malade qui a touché le pan du vêtement de Notre Seigneur. « Si je peux seulement toucher ce vêtement, je serai guérie » Meisner a alors dit : « C’est avec le Rosaire que ce vêtement de Jésus nous est donné entre nos mains ».

Par souci de la beauté de cette homélie, permettez-moi de citer d'autres images poétiques telles qu’exprimées par ce prélat :

« Quand nous, tout au long de ces perles, nous recevons les Paroles de Sa Vie, alors ces semences spirituelles porteront des fruits — 30 fois, 60 fois, 100 fois jusqu’à la vie éternelle ! Chaque perle est un germe mystérieux de vie parce qu'elle nous apporte l'Évangile dans notre vie et [apporte] notre vie dans l'Évangile. [mon soulignement]

L’amour ardent du Cardinal Meisner pour le Rosaire est encore plus évident quand il fait le testament du public suivant :

« Quand je serai mort, alors les Chanoines viendront et enlèveront ma bague, ma crosse [...] Mais : j’ai écrit mon testament : vous devez me laisser mon Rosaire ! Je veux le prendre avec moi dans mon cercueil ! Je désire le montrer à la Mère de Dieu pour qu’Elle puisse me montrer, après cet exil, Jésus, le Fruit Béni de Sa vie ! »

Dans son testament spirituel plus complet qui a été publié à Cologne, en Allemagne, le Cardinal Meisner a écrit une lettre à Jésus-Christ comme un témoignage de reconnaissance envers Dieu, d'abord pour l’avoir créé comme être humain et aussi pour avoir fait de lui un prêtre et un Évêque, « formé et consacré par Vos Plaies » et pour vous être « servi de moi à votre Croix et m’avoir fait digne de Vos Plaies ». Écrit en 2011 — au cours du pontificat du Pape Benoît XVI — il conjure aussi son troupeau à toujours demeurer fidèle à Pierre et ainsi à persévérer dans la Foi.

Considérons maintenant ce que le Cardinal Meisner avait à dire sur Notre-Dame de Fatima en 1990 quand il a visité Fatima pour la première fois de sa vie et sur demande du Pape Jean-Paul II. Le Dr Hesemann a gracieusement mis à notre disposition cette homélie que le Cardinal Meisner lui a donné pour publication dans le propre livre de Hesemann sur Fatima (Das Letzte Geheimnis von Fatima — Le dernier secret de Fatima).

Le 13 mai 1990, le Cardinal Meisner énonçait donc :

« Dans notre vieille Europe qui était jadis la patrie de la Chrétienté, Jésus-Christ apparaît à peine en public désormais. Marie — et, avec Elle, l’Église — a été reléguée aux marges des sociétés Européennes. Cependant, le Portugal, a accueilli Marie il y a 73 ans — juste comme Jean sous la Croix — en lui. À Fatima, cette célèbre nation a donné un royaume et une patrie à Marie. De Fatima, Marie pouvait commencer son chemin pour ramener le Christ à nouveau en Europe. En Russie et dans les autres États de l'Europe Orientale, la Foi Chrétienne a été presque interdite. Les peuples d'Europe de l'Est qui vénèrent Marie fortement ne pouvaient lui donner que très peu d'espace puisque l'athéisme a conquis presque tout l'espace vivable. Voilà pourquoi Marie est venue de Fatima afin d'aider les disciples de son Fils en détresse dans les pays d'Europe Orientale. Fatima est, pour ainsi dire, la tête de pont de Marie d'où Elle subvertit les peuples d'Europe de l'Est afin de leur apporter le Christ qui libère vraiment l'homme. L'Europe ne doit jamais oublier de remercier le Portugal pour avoir ouvert ses portes à Marie pour qu'elle puisse convertir les États sans Dieu dans l'Est de notre continent. [...] Durant ces années [du Communisme], Marie était la compagne la plus discrète, mais omniprésente dans la souffrance et était l'aidante aux personnes dans la détresse. [...] Ce n’est pas Marx qui a donné à l'homme sa grandeur et sa dignité, mais c’est Marie ».

Quand nous lisons ces paroles, il faut se rappeler qu'elles ont été écrites avec l'impression profonde de l'extrémité de la fin du Communisme à l'Est après des décennies d'oppression. La profonde gratitude de ce prélat est palpable dans ces paroles. (Souvenons-nous qu’en 2016, près de vingt ans plus tard, il est venu à la conclusion que nous avons encore besoin de l'aide de Notre-Dame de Fatima.) Mais, il y a encore de plus profondes raisons de la dévotion du Cardinal Meisner à Notre-Dame. Dans une interview 2016 à propos de sa propre vie — il est né en 1933 sous le régime nazi, il a vécu pendant plus de 40 ans sous le Communisme en Allemagne de l'Est et ensuite a dû faire face aux défis du relativisme culturel et du Catholicisme libéral en Occident comme Archevêque de Cologne — ça devient clair que sa propre mère lui a appris l'amour de la Sainte Mère et du Rosaire.

En 1945, sa mère a dû fuir l'approche des Soviétiques de Breslau (qui est aujourd'hui Polonais) vers l'Ouest, amenant avec elle non seulement ses quatre fils à elle mais six autres parents — deux grands-mères et quatre autres enfants ! (Le père de Meisner a été parmi les morts en Russie — die Gefallenen in Russland — et n’est jamais rentré chez lui). Sur leur chemin vers l'Ouest, la famille Meisner élargie a enduré des situations terribles comme être abandonnée dans une camionnette dans un tas de neige au large de la principale route de campagne, en hiver, dans des températures glaciales en-dessous de zéro. Au milieu de cette situation dramatique et après avoir même tombé en bas d'une pente dans cette camionnette, la mère leva son chapelet, en disant : « Dieu est avec nous ». Quand plus tard cherchant en vain pendant des heures pour une chambre la nuit dans un petit village qui sera bientôt l’Allemagne Communiste, la mère se leva brusquement encore et expliqua calmement à ses quatre jeunes fils qu'elle, leur mère, n’était plus maintenant en mesure de voir à leurs besoins et qu'ainsi ils devaient ensemble maintenant se tourner vers Marie pour de l'aide. Après avoir dit une prière mariale Allemande (Hilf Maria, jetzt ist Zeit) trois fois, un homme est sorti dans la rue vers eux, les invitant dans sa maison avec les paroles suivantes : « Je ne peux plus endurer de voir une mère et ses enfants debout dans la rue la nuit ».

Toute l'histoire de la vie du Cardinal Meisner est une histoire chaleureuse et de courage. J'ai rarement vu une telle combinaison unique d'un cœur chaleureux et d’une forte conviction qui ont gagné le respect parmi même ses opposants les plus avoués. Même la féministe la plus importante de l'Allemagne, Alice Schwarzer, a récemment donné son hommage au Cardinal Meisner à sa mort, en disant : « Oui, je l'aimais » Elle sentait une amitié avec lui et elle chérissait « son humanité et sa Foi d'enfant » malgré leurs divergences d'opinion, par exemple, concernant l'avortement, comme l'a écrit Schwarzer. Elle a poursuivi en disant qu’à leur dernière réunion, il y a un an, Meisner lui a donné une petite carte de prière avec un poème de Sainte Thérèse d'Avila. Les lignes « rien ne devrait vous effrayer, rien ne devrait vous faire peur. Tout passe, Dieu seul reste le même » qui a touché Schwarzer en étant spécialement tout à fait « consolant ».

N’est-ce pas un vrai témoin Catholique qui se tient ferme dans la vérité et tend la main dans la charité avec le toucher du Christ à ses propres adversaires ? N’est-ce pas aussi la combinaison de Notre Seigneur et de Notre-Dame ? La Vérité et l'Amour combinés ?

Quelques inspirations additionnelles relatives au courage Meisner et à son témoignage Catholique nous viennent de nul autre que du Cardinal Jozef Mindszenty lui-même, le grand martyr Hongrois du Communisme. C’était le 6 mai 2017, peu de temps avant de mourir que le Cardinal Meisner a donné témoignage de ce grand homme. Dans une homélie à Budapest, en Hongrie, Meisner raconte qu’alors qu’il avait 13 ans, il lui est arrivé de voir une image du Cardinal Mindszenty mis en accusation dans une salle de tribunal Communiste. Meisner a été tellement touché par cette image — qui lui rappelait immédiatement notre Seigneur Lui-Même si faussement accusé — qu’il fixa cette image au mur de sa chambre et l’a donc toujours contemplée avant de s’endormir et quand il se réveillait. « Il était le modèle d'un Évêque pour moi » a expliqué le Cardinal Meisner dans son homélie. Il ajoute :

« Et le désir grandit en moi que je puisse, un jour, être comme le Cardinal, un témoin du Christ qui a le courage de se lever contre les Puissants de ce monde ». [mon soulignement]

Plus tard, le Cardinal Meisner est arrivé à retrouver la même image du Cardinal Mindszenty à nouveau. Il a alors mis cette image dans son bréviaire — « afin que je sois connecté avec lui dans la prière tous les jours » — et c’est le même bréviaire que le Cardinal Meisner avait entre ses mains à sa mort. « Quand nous les Évêques ne sommes plus des confesseurs, le Peuple de Dieu n’est pas alors dans une bonne situation » a ajouté Meisner, après avoir d'abord parlé du témoignage et de l'engagement courageux pour l'humanité de Mindszenty. Meisner se montra particulièrement reconnaissant pour la compassion et la solidarité de Mindszenty envers les 9 millions d'Allemands qui ont dû fuir leur patrie après la Seconde Guerre mondiale — et parmi eux, la famille Meisner. « À l’exception du Cardinal Mindszenty, aucun autre Évêque nous a défendus » [mon soulignement]. Meisner a ajouté. « Les Évêques n’ont pas seulement à faire attention à une bonne réponse de la part des médias, mais surtout à la proclamation de la vérité qui leur a été confiée ».

Le Cardinal Meisner n'a pas seulement défié ses propres collègues Évêques. Il nous a tous défiés aussi, nous tous les Catholiques, quand il a dit une fois en 2016 que c’est maintenant la « grande chance de devenir un Chrétien à part entière — les demi chrétiens périront » « Maintenant, chacun doit lever la tête [den Kopf hinhalten] ou la perdra ». Il a vu une « une grande chance vraiment de témoigner que nous sommes Chrétiens ». Et ce témoignage — que nous avons aussi appris maintenant du Cardinal Meisner, de sa vie et de son acte final en signant les dubia — nous pouvons seulement l’accomplir avec l'aide de Marie, enracinés dans l'amour pour le Christ.

Le 4 avril 2005, le Cardinal Meisner — significativement juste avant le prochain Conclave des 18-19 avril 2005 dans lequel il a joué un rôle important — a visité avec Paul Badde la Sainte Face (Volto Santo) de Manoppello. Le Cardinal était si profondément touché par le Visage aimant de Dieu qu’il a fait un petite, mais une fois de plus poétique, inscription dans le livre d'or du sanctuaire, une inscription qui devrait nous inspirer un amour plus profond pour Notre Seigneur :

« La Face est l'Ostensoir du Cœur. Sur le Volto Santo, le Cœur de Dieu devient visible ». + Joachim Card. Meisner, Archevêque de Cologne, Pax vobis ! 04.04.2005 [mon soulignement]

L'amour aide à vaincre la peur, comme le professeur Josef Pieper l’a déjà expliqué et exemplifié à mon mari le Dr Robert Hickson. Le mot latin cor — coeur — se trouve également dans le mot courage. L'amour rend courageux comme la mère du Cardinal Meisner qui s’est battue pour ses propres petits. Puissions-nous tous apprendre à aimer Notre Seigneur et Notre-Dame tellement que nous allons nous battre comme des lions pour eux. Puissions-nous prier pour le repos de l'âme du Cardinal Meisner et peut-être qu’opportunément, nous l’espérons, qu’il intercède bientôt aussi pour nous. Et que ses paroles de 2016 à propos de Fatima et des dubia puissent aussi atteindre le cœur du Pape François.