vendredi 7 juillet 2017

Vous voulez comprendre la morale sexuelle ?
Lisez — et saisissez — le Lévitique







par : Dr. Jeff Mirus ( Droit Canon)
Le 3 juillet 2017

SOURCE : Catholic Culture





Le Lévitique est un livre Biblique que la Mère de Dieu peut aimer, ou c’est ce qui semble à première vue. Ce livre fournit les détails de la loi rituelle des Israélites, la manière de faire des ordinations, les méthodes prescrites pour célébrer les grandes fêtes, les distinctions entre les animaux purs et impurs, les circonstances dans lesquelles les personnes sont considérées comme impures et ce qu'elles doivent faire pour être considérées comme purifiées à nouveau, les détails des sacrifices et des autres offrandes, et les punitions pour les désobéissances. En particulier, il définit les péchés les plus mortels comme le meurtre et la licence sexuelle.

Il explique aussi l'année du Jubilé, qui se trouve apparemment au cœur de la notion pour Dieu d'un ordre social juste, un point que je soulignerai un autre jour. Ici, je veux émettre une note de louange pour la culture Lévitique pour quelque chose que notre propre culture a presque tout perdu. Je me réfère au sens du sacré qui change profondément tout ce que nous pensons qui puisse être peu attrayant dans ce livre. En effet, la vie morale commence à se révéler de soi-même avec une clarté évidente lorsque nous en saisissons le sens du sacré.

Je suis l'Éternel

Tout au long du Lévitique, Dieu met l'accent sur la vitalité sacrée de Ses Commandements en concluant : « Je suis l'Éternel ». Cela est vrai non seulement pour les commandements spécifiques mais pour la Loi dans son ensemble :

L'Éternel dit à Moïse : « Je suis le Seigneur votre Dieu ! N'imitez pas les pratiques observées en Égypte, où vous avez habité, ni celles du pays de Canaan, où je vais vous faire entrer ; n'observez pas les lois de ces peuples. Mettez en pratique les règles qui viennent de Moi et prenez soin d'observer Mes lois, car c'est Moi qui suis le Seigneur votre Dieu ». [Lev 18 : 1-5]

Immédiatement après cette injonction universelle viennent les lois qui régissent les relations sexuelles : « Aucun Israélite ne doit avoir de relations sexuelles avec une femme de sa proche parenté. Je suis le Seigneur » (Lev 18 : 6). Pour les hommes, cela inclut sa mère, une femme de son père ( « ce serait déshonorer votre père »), les sœurs, les petites-filles ( « ce serait une atteinte à votre propre honneur »), les tantes, les belle-sœurs et les brus. Il est également interdit à un homme de « découvrir la nudité » à la fois d’une femme et de sa fille ou de sa petite-fille. « vous ne devez pas épouser une soeur de votre femme, tant que celle-ci est en vie. Cela risquerait de provoquer des rivalités ». (Lev 18 : 6-18).

De plus, les Israélites interdit « d’avoir des relations avec la femme d'un de vos compatriotes, car cela vous rendrait impurs et d’avoir de relations avec une femme au moment de ses règles, car elle est impure » (Lev 18 :20). La raison de cette dernière règle est éloquente (comme nous l’apprenons deux chapitres plus loin), car, par ce péché : « Un homme qui couche avec une femme qui a ses règles, ils seront tous les deux exclus du Peuple d'Israël pour avoir, d'un commun accord, découvert la source de son sang » (Lev 20 :18). Enfin, l'Éternel ordonne : « Vous ne devez pas coucher avec un homme comme on couche avec une femme ; c'est une pratique monstrueuse ». Et « Vous ne devez pas avoir de relations avec une bête, car cela vous rendrait impurs ; de même aucune femme ne doit s'accoupler à un animal ; c'est de la perversion » (Lev 18 : 19-23).

Le chapitre 18 conclut :

« Ne vous rendez impurs par aucune de ces pratiques. Les nations que je chasse devant vous sont devenues impures en s'y adonnant. Le pays lui-même en est devenu impur, j'ai dû intervenir contre lui, et il a rejeté ses habitants...» « Accomplissez fidèlement ce que Je vous ordonne ; ne suivez pas les pratiques abominables qui avaient cours avant votre arrivée, afin de ne pas vous rendre impurs en vous y adonnant. Je suis le Seigneur votre Dieu ».

Fait intéressant, il y a une autre stipulation dans cette section : « Vous ne devez pas offrir vos enfants en sacrifice au dieu Molek ; en faisant cela, vous me déshonoreriez : Je suis le Seigneur votre Dieu.» (Lev 18 :21). Encore une fois, cela est traité dans la même section que les péchés sexuels. Tout au long des Écritures, suivre d'autres dieux se nomme de la prostitution. À la fois Molek et les péchés sexuels sont traités dans le Lévitique comme des trahisons intimes de ce que signifie être humain.

Enfin, au chapitre 20, nous apprenons les peines pour ces transgressions. Pour avoir dédié des enfants à Molek, pour avoir consulté des médiums et des sorciers, pour la sodomie et la bestialité, et pour des relations sexuelles impliquant des mères et sœurs, c’est la peine de mort. Pour les autres infractions d'ordre sexuel, la peine est l'exil. La conclusion résume tout : «« Soyez saints, consacrés à Mon service, car Je suis saint, Moi, le Seigneur ; Je vous ai séparés des autres nations pour que vous M'apparteniez » (Lev 20 :26).

Qu'est-ce que tout cela signifie ?

Pour nous, cela peut sembler très sévère ou même, selon les normes modernes, à la fois incroyablement stupide et intolérant. De nos jours, nous sommes beaucoup plus susceptibles de condamner la loi plutôt que les violations à celle-ci, en particulier en matière sexuelle. Mais c'est parce que nous avons perdu tout sens de ce que cela signifie pour nous quand Dieu insiste sur le fait qu'Il est Saint. Nous avons perdu tout sens de la sacralité de ce que nous pourrions appeler le don originel, la bénédiction originelle.

Dieu est l'Auteur de la vie et non seulement la vie, mais la vie pleinement en union avec Lui-Même. Lui seul est la vie — et donc la source ineffable de la vie. En Dieu, la vie et l'amour (l'amour authentique) sont inséparables ; en conséquence, la vie et la sainteté sont inséparables ; qu’est la sainteté sinon la perfection de l'amour ? Dieu nous a fait à Son Image et à Sa Ressemblance, nous donnant, tout d'abord, le don de la vie et, d'autre part, la bénédiction fondamentale de notre existence : « Dieu les bénit, et Dieu leur dit : « Soyez féconds, multipliez-vous, et remplissez la terre » (Genèse 1,28).

Au temps du Lévitique, lorsque la compréhension humaine du plan de Dieu était encore à ses débuts, ces bénédictions fondamentales ont été enseignées en mettant à part un peuple particulier et en lui donnant des règles claires et fondamentales de sainteté, de fidélité à leur Créateur, car comme Dieu a dit : « Je suis l'Éternel. » Mais à propos du premier point, il est clair que la vie que Dieu partage avec l'homme est ordonnée pour étendre la vie et de l'amour par la famille. Ce qui a commencé par la formation d'une culture juridique stricte sera porté à la perfection par la grâce. Dans la Nouvelle Alliance, Dieu se révèle comme une famille infiniment féconde. Ce que les Israélites ont eu à comprendre à travers la délimitation des crimes et des châtiments, le nouvel Israël a eu à le comprendre par la rédemption en Jésus-Christ, la proclamation de l'Évangile et la sanctification par les Sacrements de Son Église.

Notre Seigneur a dit : « Je suis ... la Vie ; personne ne vient au Père que par Moi » (Jean 14, 6). Saint-Pierre en a esquissé les implications :

« C'est pourquoi, tenez-vous prêts à agir, gardez votre esprit en éveil. Mettez toute votre espérance dans le don qui vous sera accordé quand Jésus-Christ apparaîtra. Obéissez à Dieu et ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez autrefois, quand vous étiez encore ignorants. Mais soyez saints dans toute votre conduite, tout comme Dieu qui vous a appelés est saint. En effet, l'Écriture déclare : « Soyez saints, car je suis saint » [1 Pierre 1 : 13-16]

Le don originel de la vie que nous avons reçu est à être pleinement accompli dans la vie éternelle en union avec Dieu : « Le voleur vient uniquement pour voler, tuer et détruire ; Moi, Je suis venu pour que les humains aient la vie et l'aient en abondance » (Jean 10,10). Si nous avons réalisé ce que nous avons reçus, ce que nous sommes vraiment et ce que nous voulons devenir, nous comprenons que nos vies ne sont pas seulement un grand don, mais un don sacré ; et non pas seulement un grand et sacré don, mais un don qui nous permet de participer à donner la vie à d'autres. Ensuite, nous nous verrions des temples de l'Esprit Saint pour toute l'éternité, en tant que créatures sacrées dont les facultés sexuelles sont aussi sacrées parce qu'elles sont ordonnées au don de la vie — qui est le don de la sainteté, le don de la participation à la vie de Dieu pour toujours.

Lorsque notre culture commencera à nouveau à comprendre cette réalité de notre existence — quand notre culture commencera à nouveau à saisir le sens du Lévitique —nous allons reculer d’horreur devant les perversions de nos facultés qui dominent tant le monde d'aujourd'hui. Nous ne reculons pas maintenant pour la simple raison que nous ne comprenons pas notre don et notre bénédiction originels. Nous ne comprenons pas qui nous sommes. Mais tout cela veut dire exactement ce que Saint Pierre et le Lévitique disent ce que cela signifie : « Vous serez saints envers Moi ; car moi, l'Éternel, Je suis Saint ». Ceci, et seulement cela, est ce que cela signifie de vivre.