jeudi 3 août 2017

De Mattei

Vatican II et le Message de Fatima



Par : Roberto de Mattei, vaticaniste
Le 2 août 2017
SOURCE : Rorate Caeli

Traduction de l'Italien vers l'Anglais :
Contributrice : Francesca Romana


Les sites Rorate Caeli, Corrispondenza Romana et d'autres sources d'information Catholiques, ont diffusé une intervention précieuse de Monseigneur Athanasius Schneider sur « L'interprétation du Concile Vatican II et ses relations avec la crise actuelle de l'Église ». Selon l'Évêque auxiliaire d'Astana, le Vatican II était un Concile pastoral et ses textes devraient être lus et jugés à la lumière de l'enseignement pérenne de l'Église. En fait, « d'un point de vue objectif, les énoncés du Magistère (Papes et Conciles) de caractère définitif ont plus de valeur et plus de poids par rapport aux énoncés à caractère pastoral, qui ont naturellement une qualité variable et temporaire selon les circonstances historiques ou qui répondent à des situations pastorales lors d’une certaine période de temps, comme c'est le cas avec la majeure partie des déclarations de Vatican II ».

L'article de Monseigneur Schneider a été suivi le 31 juillet par un commentaire équilibré de Don Angel Citati de la FSSPX (http ://www.sanpiox.it/attualita/1991-suaviter-in-modo-fortiter-in-re), selon lequel la position de l'Évêque Allemand rappelle très étroitement ce qui a été répété constamment par Monseigneur Marcel Lefebvre : « Dire que nous évaluons les documents du Concile » à la lumière de la Tradition », signifie, évidemment, trois choses indissociables : que nous acceptions ceux qui sont en accord avec la Tradition ; que nous interprétions ceux qui sont ambigus selon la Tradition ; que nous rejetions ceux qui sont contraires à la Tradition » ((Mgr M. Lefebvre, Vi trasmetto quello che ho ricevuto. Tradizione perenne e futuro della Chiesa, [ qui veut dire : « Je transmets ce que j'ai reçu. La Tradition pérenne et l'avenir de l'Église » ] par Alessandro Gnocchi et Mario Palmaro, Sugarco Edizioni, Milano 2010, p. 91). Ayant été publié sur le site officiel du District Italien, l'article de Don Citati nous aide à comprendre ce qui pourrait être la base d'un accord pour régulariser la situation canonique de la Fraternité Saint Pie X.

Il faut ajouter qu’au niveau théologique, toutes les distinctions peuvent et doivent être faites pour interpréter les textes du Vatican II qui a été un Concile légitime : le vingt et unième de l'Église Catholique. Ses documents peuvent être définis de temps en temps de manière pastorale ou dogmatique, provisoire ou définitif, en respectant ou non la Tradition. Monseigneur Brunero Gheradini, dans ses travaux récents, nous offre un exemple de la façon dont un jugement théologique peut être articulé s'il veut être précis (Il Concilio Vaticano II un discourso da fare, Casa Mariana, Frigento 2009 e Id., Un Concilio mancato, Lindau, Torino 2011). Chaque texte, pour un théologien, a une qualité et un degré d'autorité et de force différents. Par conséquent, le débat est ouvert.
Au niveau historique, cependant, Vatican II constitue un bloc non décomposable : il a sa propre unité, son essence, sa nature. Considérée dans ses origines, sa mise en œuvre et ses conséquences, il peut être décrit comme une révolution dans la mentalité et le langage, qui a profondément changé la vie de l'Église, initiant une crise morale et religieuse sans précédent. Si le jugement théologique peut être vague et exhaustif, le jugement de l'histoire est sans merci et sans appel. Le Concile Vatican II n'a pas seulement échoué ou été un échec : il fut une catastrophe pour l'Église.

Comme cette année est le centenaire des Apparitions de Fatima, considérons ce point seulement. Lorsque le Vatican II a ouvert ses portes en octobre 1962, des Catholiques du monde entier attendaient la révélation du Troisième Secret et la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. L'armée bleue de John Haffert [ The Blue Army | a mené une campagne de masse pendant des années à cet égard. Quelle meilleure occasion pour Jean XXIII (décédé le 3 juin 1963), Paul VI et avec environ 3000 Évêques rassemblés autour d'eux, au cœur de la Chrétienté, de donner suite aux demandes de Notre-Dame de manière solennelle et unanime ? Le 3 février 1964, Monseigneur Geraldo de Proença Sigaud a remis personnellement à Paul VI une pétition signée par 510 prélats de 78 pays, qui imploraient le pontife, en union avec tous les Évêques, de consacrer le monde et de manière explicite, la Russie , au Cœur Immaculé de Marie. Le Pape et la plupart des Pères du Concile ont ignoré l'appel.

Si la demande de consécration avait été faite, de grandes grâces se seraient répandues sur l'humanité. Un mouvement de retour à la loi naturelle et Chrétienne aurait commencé. Le Communisme serait tombé plusieurs années plus tôt, de manière non fictive mais authentique et réelle. La Russie aurait été convertie et le monde aurait connu un âge de paix et d'ordre. Notre Dame l'avait promis.

La consécration échouée a permis à la Russie de continuer à répandre ses erreurs dans le monde entier et ces erreurs ont conquis les plus hauts rangs de l'Église, en invitant un terrible châtiment à toute l'humanité. Paul VI et la majorité des Pères du Concile ont assumé une responsabilité historique dont nous évaluons aujourd'hui les conséquences.